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RESILIATION DU CONTRAT ELECTRICITE DE GUINEE (EDG – VEOLIA) POURQUOI LE DIRECTEUR GENERAL HOMOLOGUE N’A-T-IL PAS ETE CONFIRME ?

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L’électricité contribue pour une part négligeable de la production énergétique (4%) alors qu’elle revêt un caractère prioritaire pour l’industrie manufacturière, minière et artisanale. Les caractéristiques du réseau d’électrification (seulement 5 à 6% de la population y accède), soit environ 400 mille foyers seulement qui payent l’électricité montrent de profondes disparités entre les zones urbaines, rurales et entre les différentes régions. Sur la plupart des centres électrifiés, on dénote pourtant un fonctionnement de manière isolée, parfois. Les zones rurales sont quasiment absentes de ce schéma alors que l’agriculture domine l’économie, malgré les mines. A la rareté de la production électrique, s’ajoutait jusqu’alors, son origine thermique diésel (75%, fioul), malgré le barrage de Garafiri, qui alourdit d’autant la facture pétrolière. Soucieux des conséquences de ce déficit sur les perspectives de développement et les performances de l’économie, le Président de la République, le Professeur Alpha Condé a élaboré depuis 2011 une politique nationale d’électrification basée sur le renforcement des centres existants, la poursuite de l’électrification des zones semi-urbaines, la mise en place de projets pilotes d’électrification rurales, des barrages hydro-électriques, Kaléta, Souapiti, Amaria, Koukoutamba. Au regard des prévisions initiales, les réalisations effectuées jusqu’en 2019 sont satisfaisantes :
Des interconnexions internes réalisées.

La valorisation des ressources naturelles s’est intensifiée par la mise en route des barrages hydro-électriques de Kaléta et de Souapiti, celle de Amaria et de Koukoutamba sont à l’étude.
Dans cette logique de diminution des coûts, des centres secondaires ont pu être électrifiés avec des lampadaires dont la durabilité laisse à désirer. Les efforts de rationalisation, l’accroissement des sources hydro-électrique ont permis de réduire à la fois les coûts et les coupures qui, rapportées à la longueur des lignes en 2010 ont été ramenées au moins à 0,11 par 100Km en 2015. Mais les subventions de l’Etat n’arrivent pas toujours à réduire la balance énergétique. Aussi, les interconnexions extérieures ultérieures vont nécessiter le partage des taxes entre chaque Etat de la zone communautaire et des partenaires internationaux. Malgré ces progrès, des remarques s’imposent : le contrat Etat-Véolia n’a pas réduit le coût des subventions. D’autre part, le projet d’électrification des zones rurales est difficilement envisageable au regard des disponibilités financières de l’Etat et de l’impératif de rentabilité imposé par les institutions de Bretton Woods (FMI, BANQUE MONDIALE). On se demande alors comment le chef de projet interconnexion, Bakary Konaté, malgré le doigt invisible d’une Marraine du sommet, peut-il supplanter le Directeur Général homologue Traoré, nommé par le Président de la République, normalement habilité à prendre les commandes après le départ de Véolia ?

LA DISTRIBUTION EN RESEAU ENTRAVE L’APPLICATION D’UNE TARIFICATION PUREMENT ECONOMIQUE
Si la distribution de l’électricité utilise deux (2) possibilités, le raccordement aux réseaux à partir de Centrales puissantes et l’électrification hors-réseaux, c’est-à-dire la mise en place de Centres de production, de puissance adaptée à une consommation locale, peu utilisée de nos jours, il faut reconnaitre qu’on a beaucoup privilégié la constitution de réseaux. Une forme aboutie de l’électrification des pays industrialisés, ce qui a servi de modèle que des élites nationales, des opérateurs internationaux et des bailleurs de fonds ont tenté de transférer ex-Nihilo. Un principe conçu à partir de Centrales de production à hautes capacités par lesquelles l’électricité est conduite puis après un détour par un transformateur, l’électricité est distribuée à basse tension. Ce qui a entraîné les parcs de Centrales électriques dans les pays Africains. Exemple : EDM (Electricité du Mali) avec deux (2) Centrales hydro-électriques SOTUBA (1966 et une puissance de 5,4 MW et Selingué (1980, 44 MW) et d’une Centrale thermique Dar-es-Salam (1966 jusqu’en 1990, 22,4 MW). Au Gabon, l’approvisionnement est assuré par la SEEG au moins de trois (3) réseaux indépendants (Libreville, Port-Gentil, Franceville). Seulement, la puissance électrique installée en Afrique de l’Ouest est minime (1000 MW, par rapport à la France (90.000 MW) et au Maroc (30.000 MW)). Or, cette électrification par réseaux est plus visible dans les grandes villes opérées par Electricité de Guinée, impacte seulement sur une partie des habitants de ces villes. Pis, là où l’électrification est bien avancée, la majeure partie de la population est raccordée. Un choix souvent politique. Car, raccorder des villes de moindre importance revient à un coût élevé et les Compagnies Nationales rechignent à continuer à tirer leurs fils. Surtout que l’électrification fait souvent partie des promesses électorales, étant donné que les habitants des zones rurales sont aussi des électeurs. L’électricité à un caractère social et politique qui empêche l’application d’une tarification purement économique. La question des réseaux pose problème. Les coûts d’installation sont directement liés.

DES COUTS ELEVES EN CONSTRUCTION ET EN GESTION
Et pourtant, les réseaux ont de grosses limites. Les coûts d’installation sont directement liés au diamètre des fils de raccordement (plus les fils sont gros, plus ils transportent d’énergie, mais plus ils coûtent cher), et surtout à la longueur des fils. Dans un cadre d’habitat dispersé, il faut dérouler des kilomètres de fils pour alimenter peu de gens. Ce qui correspond à un coût par habitant très élevé, malgré la faiblesse des coûts d’entretien. Il y a en plus des pertes énergétiques, sous forme de chaleur. Une perte à vide, indépendante de la longueur, essentiellement dans les transformateurs. Et une perte en charge, tout le long du transport et qui s’accroît avec la distance. Il est donc indispensable de bien dimensionner les équipements : des fils trop gros reviennent trop chers. Mais des fils trop étroits entraînent des pertes énergétiques. Ce travail de dimensionnement est extrêmement complexe. Il nécessite un réel savoir-faire, et la prise en compte stratégique de l’évolution du réseau à terme. Il faut une planification nationale et locale : une étude nationale pour le positionnement et le dimensionnement des centres de production et des réseaux de distribution et une étude locale pour repartir l’électricité fournie. On estime à 10% (voire plus) les pertes techniques des réseaux nationaux ; bien gérés, ces pertes devraient descendre en dessous des 5%. Ces coûts gênent considérablement la rentabilité des réseaux. Et les compagnies nationales ne parviennent pas à rentrer dans leur frais. Plusieurs facteurs viennent grever leur finance. Le piratage tout d’abord. La compagnie ne distribue l’électricité qu’à certains clients qui en font la demande et qui payent pour cela un abonnement et leur consommation. Mais les fils de raccordement qui traversent le quartier à ciel ouvert alimente des installations approchées aux réseaux de manière illégale. Et une gestion purement économique de la situation (qui conduirait à arracher ces installations pirates, voire dans certains cas à attaquer en justice) se heurte à la vision politique – les descentes de police sont perçues comme une injustice par la population. Autres limites, le faible taux de recouvrement des abonnements. L’électricité coûte cher, et les clients ne sont pas toujours à même de régler leur facture. La Compagnie établit ses tarifs en fonction de ces coûts : pour que l’entreprise puisse vivre, il faut que ses recettes soient supérieures ou égales à ces coûts. Mais cet équilibre est rarement atteint, l’électricité à un caractère social et politique qui empêche l’application d’une tarification purement économique ; en Afrique, les tarifs de l’électricité sont presque toujours subventionnés. Et cette situation, si elle permet l’accès à l’énergie pour un plus grand nombre, n’est pas viable dans la durée. On assiste aujourd’hui à une volonté de restructuration, avec des tarifs à la hausse. Cette nouvelle politique qui entre souvent dans le cadre d’accords avec les bailleurs de fonds internationaux, risque de limiter l’accès à l’électricité. Et d’accroître les problèmes de fraude et de non-recouvrement. De nombreuses compagnies appliques désormais des proches de d’EDF en France. Mais elle manque de clients pour recouvrer leurs coûts.

POURQUOI PAS L’EXPERT TRAORE POURTANT MUNI D’UNE CARTE DE VISITE ETOFFEE ?
La dynamique de fonctionnement des entreprises mixtes d’électricité doit trancher avec le caractère pontifiant et souvent désuet des débats que peut préconiser un administrateur sans management. Cet administrateur par intérim, Bakary Konaté peut-il préconiser un nouveau système d’allocation des ressources prenant partiellement en compte la performance d’EDG et surtout autorisant l’administrateur par intérim à disposer de marges de manœuvre plus grandes pour le financement de programmes sans les subventions de l’Etat ?

Déjà, dans le discours de prise de fonctionnement de cet administrateur, rien ne précise les piliers de sa mission, même s’il reste dans la feuille de route du Président de la République. Or, un repositionnement d’EDG paraissait d’autant plus opportun malgré certains succès en termes de stabilité des prix et des réussites limitées en termes de croissance de Véolia. Seulement, l’ex-Président de la Mauritanie, lors d’un entretien privé avec son homologue Guinéen, le Président Alpha Condé fit des éloges de cet expert Guinéen qui redressa la situation énergétique en Mauritanie. Cependant, plusieurs facteurs peuvent expliquer les difficultés rencontrées par Véolia :

Le caractère irrésolu de leur action en matière de management d’EDG (la distorsion constante entre le discours et les actes fut relevée à de nombreuses reprises par des spécialistes et la persistance d’un certain nombre de problèmes graves de gestion avec notamment une crise de surprogrammation de ressources, suite aux enquêtes de l’accès à l’énergie pour un plus grand nombre, malgré les subventions de l’Etat), l’incapacité de l’administrateur de Véolia à arbitrer entre plusieurs Directions sans compter la découverte de détournements financiers importants dans le paiement des salaires (plusieurs milliards de francs guinéens qui échappaient à l’Etat, la priorité réaffirmée d’une part de restructuration et l’utilisation systématique), d’autre part, des institutions de Bretton Woods de mettre en œuvre des politiques libérales.
Le flou et la lenteur d’EDG par rapport aux actions de recadrage énergétique entreprises depuis la signature du contrat.

La difficulté d’EDG-Véolia à maintenir son originalité face aux institutions de Bretton Woods qui clamaient le dégèl des subventions de l’Etat. Est-ce-que la nomination de Bakary Konaté comme administrateur par intérim peut marquer le souci du Président de la République de dynamiser le fonctionnement d’EDG ?
Il s’agit de recentrer EDG comme un acteur d’influence dans la gestion du programme économique, reconnu à la fois par les institutions de Bretton Woods et les donateurs bilatéraux. Aussi, nous faisons référence au redressement opéré par le premier Coordinateur Abdoulaye Keïta, actuellement Représentant-pays à l’interconnexion TRANSLOG qui réussit à dénicher des sociétés qui usaient du pédalage fiscal et de la fraude en payant par exemple 15.000.000 GNF comme facture mensuelle durant 10 ans au lieu de 4 milliards de francs guinéens payés finalement rubis sur ongle contre 150.000.000 GNF soit un manque à gagner énorme pour l’Etat. Cette société dont nous gardons l’anonymat voulut même corrompre l’un des agents de la commission VERIFICATION en lui offrant 100.000.000 GNF et les trois (3) repas par jour. Ce que cet agent refusa et l’amena alors à verser les créances dues soit 4 milliards de francs guinéens. Signalons que la révélation d’un cadre performant et expert pour suppléer à Véolia a été faite à Kankan par le Président de la République, le Professeur Alpha Condé. C’est vrai qu’EDG est une société d’économie mixte mais qu’un Directeur Général ait une rémunération de 25.000.000 GNF par mois alors que la société tourne au ralenti, sans que l’intéressé ne fasse aucun sacrifice pour la bonne marche et se taille après une place au soleil au Ministère alors qu’il ‘’terrorisait’’ auparavant ses cadres et collaborateurs, ce n’est pas normal. Plus jamais çà à EDG. Pis, il faut mettre fin au clientélisme, on ne doit pas placer une femme sans expériences journalistiques à la Communication alors qu’il y a déjà des journalistes confirmés à ce poste et qui peuvent assumer valablement la responsabilité de communication. L’employabilité de la jeune fille doit se baser sur les compétences, l’expérience et non pas être parachutée sans expérience à la barbe des journalistes et parfois même sans égards aux médias. Or, l’objectif du Président de la République, le Professeur Alpha Condé, c’est la gestion saine avec des cadres compétents, des passations de marchés publics orthodoxes, doublée d’une réduction de subventions de l’Etat comme le réclament les institutions de Bretton Woods.
NB : A paraître prochainement la liste des mauvais clients d’EDG

Don de Dieu Agossou

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