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LIBERTE DES MEDIAS: OU VA LA GUINEE ?

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L’institution de régulation des médias n’est pas la bienvenue au Tribunal. La Cour suprême donne raison à Continental FM. L’Affaire de Continental FM montre clairement qu’on doit remettre en cause la crédibilité du rapport de la présidence d’une Institution qui n’appose que sa signature sur une décision qui doit être collégiale.
L’affaire de Continental FM marque l’échec patent de l’institution de régulation des médias lorsqu’elle est appelée en renfort de l’institution judiciaire. Le 28 Novembre 2019, les expertises, analyses du rapport retirant la licence étaient contradictoires étant donné que la signature de la Présidente de l’Institution de régulation, seule ne suffisait pas, mais qu’il fallait celle du collège et surtout le refus du débat contradictoire comme à l’instar de la radiation des trois (3) journalistes du dossier SOBRAGUI, sans raisons motivées, comme le dénonce, le confrère Boubacar Yacine Diallo, à la journée internationale de la Liberté de Presse, le 03 Mai dernier.

Et un semblant de ‘’demande d’excuses’’ sollicitée délibérément par l’instance selon les sources indiscrètes, et non prévue par la loi L002 sur la presse accordée à deux (2) journalistes sur les trois (3), Ibrahima Sory Bangoura (la Logique) et Alseny Maciré Fofana (Nouvelle Ere). Qu’on corrige les dysfonctionnements de la justice, certes ! Mais qu’on remette aussi en question le bien-fondé, la crédibilité et l’importance des rapports de cette institution de régulation des médias dans le processus judiciaire – qu’on peut qualifier de ‘’règlement de comptes’’, selon une source autorisée de l’Association Professionnelle des Médias. Et les défenseurs des libertés de presse absolue sont intraitables, dans la mesure où ils estiment que les libertés d’expression font partie intégrante des droits fondamentaux de tous les citoyens qui doivent être accordés à chaque individu et assurés par l’Etat. En partant de cette position, les adeptes du tout ou rien en matière de liberté d’expression, exigent la levée de ce qu’ils qualifient de barrières et de restrictions imposées par l’Institution de régulation des médias et qui empêchent les médias de jouir de leurs droits fondamentaux, surtout quand elle va arbitrer l’Assemblée Générale d’une Association Professionnelle des médias (l’AGEPI) ce qui n’est pas dans ses prérogatives. Entre Adeptes de la liberté d’expression et ceux de l’approche prudente des médias, dans le traitement des médias, le débat continue de faire rage surtout après le retrait de la licence de Continental FM et les avis de divertir. Finalement, les argumentaires présentés de part et d’autre, méritent qu’on s’y attarde. Du point de vue des défenseurs de liberté de presse, souvent mal vus par l’Institution de régulation des médias, tous les moyens sont bons pour amener le législateur Guinéen à revoir les textes de loi et les rapports pas toujours orthodoxes de cette Institution.

Le débat sur la liberté de presse ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs affaires d’atteintes aux médias ont nourri les discussions autour de ce sujet considéré par beaucoup, comme sensible. Parmi ces épisodes, on peut citer : le dossier Mandjan Sidibé ; le dossier SOBRAGUI qui traite du contrôle sanitaire de la bière Guiluxe, qu’on a vite fait de mettre sous l’angle ‘’assainissement du métier’’ ou ‘’tentative d’escroquerie ou diffamation’’. Alors qu’il s’agit de soulever en recoupement de l’information, des situations de fraude, usage de l’eau, de goût de la bière Guiluxe. Sans se hasarder à signaler les dangers réels du produit incriminé sur la santé du consommateur Guinéen, et encore moins la fraude, les travailleurs, qui devaient être licenciés en masse par l’ex-Directeur Général, échangeaient la bière Guiluxe qu’ils devaient déposer avec des ouvre-bières personnels, malgré les plaintes des restaurateurs de Yattayah Fossidet, Kankan, Kissidougou, Gueckedou, pendant que le Directeur Marketing Nianga Sagno en complicité avec le Directeur Général d’alors, porta plainte contre les journalistes au vu de leurs relations haut placées, pour nuire aux médias. A l’époque, l’Institution de régulation ne comprenant pas les causes d’une telle situation, n’a pas fait appel au débat contradictoire et s’est rangée à l’argument du Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale au lieu de savoir que l’eau frelatée était la cause de ces dénonciations présentées dans un rapport non publié de sept (7) pages. Surtout que dans le contrôle sanitaire, on note une multiplicité d’intervenants (Ministère de l’Agriculture, du Commerce, de l’Industrie, de la Santé, des Pêches, et de l’Economie Maritime, etc…) qui illustrent la fragmentation Institutionnelle et Juridique qui noyaute le domaine de la qualité.

Pour les journalistes, il s’agissait de savoir ‘’Comment la qualité des aliments, surtout de la bière consommée est-elle contrôlée ? L’argument selon lequel Continental FM a accroché son émetteur sur le pylone de la RTG-Koloma n’a pas été retenu par la Cour Suprême. Un grand nombre d’observateurs expliquent que ces faits sans débat contradictoire, par le biais du dossier du Continental FM ont remis sur le tapis, la question du jeu de certains responsables et personnalités politiques. Ces mêmes observateurs soulignent que l’Institution de régulation des médias s’engage en donneur de leçons et ferait mieux de balayer devant ses portes

Don de Dieu Agossou

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