Discours de M. Akinwumi A. Adesina, Président de la Banque africaine de développement.8

«La transformation des chaines de valeur de l’agriculture africaine exige de changer de perception».

Chaque année, l’Afrique dépense beaucoup trop en importation de produits alimentaires. En 2016, la facture s’est élevée à quelques 35 milliards de dollars américains et, si on ne la contrôle pas, elle pourrait bondir et atteindre 110 milliards de dollars d’ici à 2025.

C’est un vrai paradoxe, quand l’on sait que l’agriculture en Afrique concerne plus de 60% de terre arable non cultivées dans le monde, ainsi que des sources d’eau douce en abondante quantité.

La transformation économique du continent ne peut se produire qu’avec une agriculture axée sur les nouvelles technologies, qui soit résiliente aux changements climatiques, créatrice d’emplois et de richesses et qui promeuve la santé.

Notre but, à la Banque africaine de développement, est de transformer radicalement l’agriculture africaine, afin de parvenir à l’autosuffisance et à la sécurité alimentaire sur le continent, et de mettre fin à la malnutrition qui assombrit l’avenir de nos enfants.

La Banque est très active dans la création de pôles agricoles et de véritables chaines de valeur qui favorisent la diffusion des technologies et améliorent l’accès à l’eau et à l’irrigation, ainsi que le déploiement de ressources financières au profit de l’agriculture. La transformation des chaines de valeur de l’agriculture africaine exige de changer de perception.

En effet, l’agriculture de subsistance est depuis trop longtemps associée à la pénibilité, à la pauvreté et à la souffrance. Cela doit changer. A la Banque africaine de développement, notre ferme conviction dans l’avenir de l’agriculture nous amène à défendre et appuyer la cause d’une nouvelle génération de jeunes Africains créateur de richesse et doté des moyens adéquat pour façonner la nouvelle agriculture du continent.

L’attribution du Prix mondial de l’alimentation 2017m’est un grand honneur. Et j’espère sincèrement que cette marque de reconnaissance aura d’abord pour effet d’attirer l’attention du monde entier sur les besoins de l’Afrique en santé et en nutrition, ainsi que sur l’extraordinaire travail de notre Banque. Et de mener à davantage d’engagement de la part des donateurs et investisseurs, afin d’accélérer le rythme du développement agricole du continent et d’arracher des millions de personnes à la pauvreté.

C‘est ma vision. C’est mon espoir. C’est notre destin commun.

Cultivons aujourd’hui une nouvelle agriculture africaine, dont les fruits seront mûrs pour la récolte de demain. Plus que jamais, je suis intimement convaincu que le destin de l’Afrique est de nourrir le reste de la planète, et non l’inverse.

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