PARTENARIAT AGEPI – URTELGUI – AGUIPEL – SPPG – OSIWA et OSF JOURNALISME: LES MEDIAS, CATALYSEUR DE LIENS ENTRE SECURITE ET JUSTICE ! | Radio-kankan
October 23, 2019

Les interactions entre les médias, sécurité et justice sont complexes. Les interventions policières (le maintien d’ordre) destinées à restaurer la sécurité ne produisent pas par elles-mêmes le développement. La sécurité constitue une condition nécessaire du développement. Les conflits, les crises, gênent le fonctionnement normal de l’économie, détruisent le capital physique, humain et institutionnel. Depuis 2013, le sujet fait l’objet de beaucoup de récriminations tant de la part des médias, de certains acteurs du système judiciaire que sont les magistrats, les auxiliaires de justice (notamment les personnels de la police judiciaire avec la loi sur le maintien d’ordre), des citoyens que de certaines associations œuvrant dans le domaine de la justice et des droits humains. La Table-ronde des 26 et 27 Juin dernier à Kipé organisée par AGEPI – URTELGUI – AGUIPEL – SPPG et OSIWA a facilité la perception sur la portée et l’importance de ces interactions entre Médias, Sécurité et Justice.

Les débats sur les pistes ‘’Liberté de presse, enjeux et défis’’ par Boubacar Yacine Diallo, Vice-président de l’INDH ont suscité un intérêt des médias avec de nouvelles pistes d’analyses. C’est vrai, il n’y a pas de corrélation directe entre presse et violence, même si le développement des médias peut produire de la violence. En vue d’accompagner les médias Guinéens, le Président Légal et Légitime de l’Association Guinéenne des Editeurs de Presse Indépendante (AGEPI), Moussa Ibn Conté ainsi que ses homologues de L’URTELGUI – AGUIPEL – SPPG ont organisé ce forum sur le rôle des médias dans le processus d’interaction entre Sécurité et Justice. Dans ce cadre, les Associations Professionnelles de Médias ont su mobiliser dans les séances de travail et réflexions, des représentations des Institutions Publiques et des Services de l’Etat (Le Conseiller Juridique (664-33-58-85) du Ministre d’Etat de la Justice, Monsieur Souleymane Keïta, Monsieur Mamadou Bhoye Diallo, Juge de Dixinn (620 06 26 12), le Commissaire Divisionnaire, Mohamed Cheick Keïta (625-31-45-60) et des acteurs de la Société Civile, Mory Dounoh, INDH (628-39-69-80).

LES MEDIAS EN DEMOCRATIE, CATALYSEUR DE LIENS ENTRE LA SECURITE ET LA JUSTICE.
En démocratie, bien souvent, l’importance d’une question et l’intérêt d’un point de vue dépendent du traitement qu’en donnent les médias. Les médias ont en fait un pouvoir de vie et de mort sur les évènements ainsi que sur la popularité des personnes assumant des responsabilités publiques. Il peut autant contribuer à éclairer et à faire évoluer l’opinion publique qu’à la manipuler et qu’à renforcer les préjugés et les stéréotypes ethniques, religieux, culturels et sociaux. Or, l’opinion publique en démocratie joue un rôle central dans l’exercice du pouvoir politique et cette opinion exprime généralement un point de vue collectif qui n’est aucunement réductible à la somme des opinions individuelles. Mais pour que l’opinion publique reflète l’état des consensus sociaux et non pas seulement de point de vue de groupe dominant, il faut que les médias favorisent un réel débat public, qu’ils fassent état des différents points de vue. Dans ce débat, une place de choix sera bien sûr réservée au Gouvernement et ses représentants qui ont la responsabilité de mettre en œuvre des politiques pour lesquelles ils ont été élus. Dans ce débat, une place de choix n’est pas une place exclusive. Il faut se rappeler que le Journaliste est un agent du public et non un agent du Gouvernement.

Aussi, il doit veiller à ce que le public ait aussi la parole pour commenter les diverses politiques Gouvernementales. A ce titre, les médias peuvent non seulement jouer un rôle vertical (Le Gouvernement – Public – le Gouvernement) mais aussi un rôle horizontal lorsqu’ils ont assuré le déroulement d’un débat à l’intérieur même de la Société Civile. Mais pour être crédible, exhorte le Vice-président de l’Institut National des Droits Humains (INDH), le Journaliste doit être rigoureux. Son rôle est essentiellement de rapporter le plus exactement possible ce qu’il a vu et entendu. Une fois, l’information transmise avec vigueur, le Public réagira.

Alors, il témoignera de cette réaction. Un Journaliste devrait, avant tout être un Reporter. Aussi, son opinion ne devrait pas compter. Il lui faut se rappeler qu’il est d’abord et avant tout un agent du public qui a pour mission de l’informer le plus exactement et le plus complètement possible sur les enjeux de la Société. Un Journaliste a alors un rôle spécifique à jouer et c’est ainsi qu’il participe à la dynamique de la vie démocratique du pays. Ce rôle c’est d’informer le citoyen, leur fournir les connaissances nécessaires pour qu’il puisse se former une opinion et exercer des choix lors des élections. Même si parfois, la pratique quotidienne du journalisme par ses professionnels peut engendrer quelques perversions, a déclaré le Vice-président de l’INDH.

LA PROBLEMATIQUE DE LA LOI POUR LE MAINTIEN D’ORDRE
Cette loi adoptée en 2017 par l’Assemblée Nationale est réglementée. Cette loi est une loi de sûreté, a déclaré Mory Dounoh de l’INDH puisqu’elle fait appel au Ministre de l’Administration du Territoire et à celui de la Sécurité et de la Protection Civile. Il s’agit des activités de Police Administrative. Le maintien d’ordre dépend de deux (2) engagements :
Faible intensité
Moyenne intensité : Trouble
Dans la procédure, on distingue :
La demande de concours de force de Police
La réquisition
Qui a la qualité de requérir la force et qu’elles types de forces ?
Les autorités territoriales
Le premier niveau est assuré par les Unités de Police tandis que le 2ème niveau est la réquisition avec les Unités de Gendarmerie.

Seulement, les aspects pratiques de la gestion de la force supposent soit la conciliation du pouvoir avec le respect des libertés, soit la négociation. Exceptionnellement, le Président de la République, selon l’article 90 – loi org 095/CTRN peut décréter l’Etat de siège ou l’Etat d’Urgence en cas de péril grave, imminent. Les pouvoirs sont alors transférés à l’Autorité Militaire, a renchéri le Conseiller Juridique, Souleymane Keïta. Les libertés et droits sont en restriction et non ‘’s’écrasent’’ selon les termes de Mory Dounoh. La liberté de marcher est restreinte. Cependant, certains spécialistes déplorent encore :
Le manque de volonté politique d’assumer la responsabilité de sévir
La culture sociale des interventions à tous les niveaux
La complicité tacite ou explicite des interventions à tous les niveaux
La prolifération des lois de grâce après les crises et les manifestations
Une Justice parfois à deux (2) vitesses caractérisée par l’usage abusif du pouvoir, semble-t-il du ‘’classement sans suite’’, de non-lieu, de mises en liberté provisoires ou d’acquittement, malgré les preuves évidentes de culpabilité’’.

Le citoyen est de plus en plus désabusé, pour ne pas dire révolté face à une pratique qui compromet gravement l’Autorité de l’Etat, cas de l’Etudiant de 6ème de Médecine, chez lui à l’étage touché par une balle lors d’une manifestation de l’Opposition et créé un sentiment d’impuissance. Il ne croit plus au discours politique. Ce sentiment de désillusion crée davantage le fossé entre Gouvernants et Gouvernés et finit par remettre en cause l’un des fondements essentiels du pouvoir : la légitimité des institutions. Mais il ne suffit cependant pas d’en parler, de dénoncer. Il faut agir ! Plus que jamais, le temps est à l’action. Aussi, la Société Civile Guinéenne est un acteur essentiel en matière de Sécurité et peut travailler efficacement sur la prévention, offrir même des services d’Assistance Judiciaire et faciliter le Dialogue entre les médias, la sécurité et la Justice. C’est vrai qu’un grand travail a été fourni avec la reforme de la Sécurité, pour le renforcement des capacités et la professionnalisation des forces de sécurité, mais la réforme doit favoriser un processus de Dialogue et de concertation entre les médias, la sécurité et la justice. Ce qui donnera une autre ouverture au Centre d’Etudes Stratégiques en vue d’une Analyse prospective à court, moyen et long termes. Par cette Table-ronde, les Associations Professionnelles de médias précitées entendent constituer une confluence nationale de pensées et d’actions pour booster la synergie Média – Sécurité – Justice, par delà des apparences idéologiques.

Mais le travail en cours pour faciliter une démarche inclusive est importante, a poursuivi le conseiller Juridique du Ministre, Ministre de la Justice par intérim qui a présenté ses excuses pour son empêchement au sommet de l’Etat. Il a ajouté que la Sécurité et la Justice ne soient plus des forêts sacrées pour les Journalistes pour avoir accès à chacune des forces présentes. A ce titre, elle peut se résumer à :
Elaborer et compiler les engagements du rapport lu par Madame Aïssatou Lamarana Diallo sous la forme d’un Vade-mecum pour la redynamisation annuelle comme l’a souhaité le Conseiller Juridique en déclarant : ‘’Il faut pérenniser cette rencontre, au lieu de deux (2) jours, que ce soit cinq (5) jours ; le micro représente le fusil du Journaliste ; la Robe Noire est l’arme fatale du magistrat, accompagnée des codes (civil et pénal). Je vous remercie très sincèrement d’avoir invité le Ministre d’Etat, Ministre Intérimaire de la Justice’’. Tandis que le Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence, Monsieur Kiridi Bangoura s’est excusé pour une mission instantanée à la dernière minute.

Réfléchir à la pertinence éventuellement aux modalités de constitution et de fonctionnement d’une plateforme des acteurs Nationaux destinée à l’observation, la veille et l’alerte dans le cadre de cette synergie. Développer un partenariat en la matière avec les Organisations Professionnelles précitées.

Dans son allocution de clôture, le Président de l’AGEPI au nom de ses collègues a fait part de l’impunité zéro pour les Journalistes tout en déplorant que dans le cadre d’assainissement de la Corporation, l’Autorité de Régulation ne prend pas le temps pour privilégier. On est alors en Guinée dans un niveau de valeurs. Il exhorte alors les médias à un sursaut collectif.

Enfin, on ne peut occulter l’appui et l’accompagnement d’OSIWA et d’OSF JOURNALISME. Seulement, il serait aussi opportun de soutenir les Associations Professionnelles de médias pour un projet de documentation et de monitoring des Droits Humains assorti d’une fiche d’identification des victimes lors des manifestations pour cause de maintien d’ordre. Il faut remercier également Monsieur Eric Thiam de la Cour Suprême qui a tenu en haleine les journalistes le 26 Juin dernier.

Don de Dieu Agossou.

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