MINISTERE DU PLAN ET DU DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE LA COMPETENCE RECOMPENSEE | Radio-kankan
October 23, 2019

Pour la première fois dans son histoire, une femme aux commandes du Ministère du Plan et du Développement économique. Si ce n’est qu’à l’ère de la 3ème République, avec le Professeur Alpha Condé, Président de la République. Il s’agit de Mme Mama Kany Diallo. Une fois femme brillante, ex-fonctionnaire Internationale de la Banque Africaine de Développement (BAD). Si elle a réussi à imprimer sa marque, à ce niveau de responsabilités, c’est grâce à sa vision futuriste pour ce département. Mme Diallo veut aussi poser les jalons d’un développement pérenne dans le but de mettre la Guinée sur orbite de l’Emergence Economique à travers son positionnement en Afrique. Mais la statistique demeure sa vraie passion. Jusque-là, la statistique n’est pas bien financée. Mais depuis son arrivée, le Gouvernement avec l’appui des partenaires financiers appuie fortement la Statistique et cela a permis de réaliser de grandes opérations comme le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES). La ratification de la charte Africaine de la statistique est sans doute dans le pipeline des préoccupations. Au niveau de la production, on peut noter les résultats de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) ou Enquête sur l’Evaluation de la Pauvreté (EGEP). Notons comme point positif que la stratégie nationale de développement de la Statistique (2016-2020) est aussi financée par le budget national. Après la loi statistique, l’arrivée de Madame le Ministre du Plan a pour la première fois, dans l’application de cette loi, permis le Décret créant le Conseil National de la Statistique, présidé par le Premier Ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana et dont la première session s’est tenue le Vendredi 10 Août 2018. D’après la feuille de route établie, le Ministère du Plan et du Développement Economique a bénéficié de l’appui de l’Union Européenne et de l’appui technique d’Afristat pour transformer la Direction Générale en un Institut National de Statistiques.

LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE : UN ESPOIR POUR L’EMERGENCE ECONOMIQUE ?
La Communauté Internationale, consciente des efforts de redressement du Président de la République, le Professeur Alpha Condé, a été sensible aux efforts de la Guinée pour redresser son économie et assurer la sécurité alimentaire de sa population. Lors de la Table Ronde de Paris (16 et 17 Novembre 2017), elle a adhéré, en posant ses conditions. Le renouveau de la planification du développement met en avant plusieurs priorités dans le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES), interdépendance et dont la caractéristique participative implique les populations à la base et la Société Civile, afin d’inscrire dans les faits sa volonté de décentralisation.
LES PRIORITES DU RENOUVEAU DE LA PLANIFICATION DU DEVELOPPEMENT
Le schéma de développement retenu ne manque pas d’enjeux pour l’équilibre de la Société Guinéenne dans la mesure où il se propose de relever les défis, de compenser le manque à gagner qu’engendrera la mise en place du Conseil National de la Statistique, conformément à la loi statistique révisée en 2014, en adoptant la 2ème génération de la stratégie nationale du développement statistique (SNDS2) alignée sur le PNDES 2016-2020 et en ouvrant une filière de formation de cadres moyens en statistique à l’Ecole Nationale d’Administration de Guinée, de réduire, voire de stabiliser le taux de chômage qui risque de s’aggraver en cette période de 2016 à 2020. En effet, la Guinée est classée parmi les Pays les Moins Avancés (PMA) par l’ONU et parmi les pays à faible revenu et à déficit vivrier par la FAO. La Guinée occupe le 152ème rang dans le classement Doing Business. Dans ce contexte, le PNDES a été présenté pour démontrer aux participants que la pauvreté menace la stabilité et le développement du pays et amener la Guinée à boucler le financement des actions de développement. Ce programme-cadre avait, précise Madame le Ministre du Plan et du Développement Economique, Mama Kanny Diallo, une enveloppe globale de 21,7 milliards de dollars dont 5 milliards des USA 2018-2023 étaient considérés comme acquis, et 371 millions de dollars par la Banque Africaine de Développement (BAD, 2018-2022). Mais il faut un complément de ressources, soit 16 milliards de dollars. La Guinée a été entendue au-delà de ses espérances et « Ce programme a été couvert par les engagements à près de 300% », selon un expert. Dans le cadre de sa mise en œuvre, des missions (multidisciplinaires avec la Banque Mondiale et le PNUD notamment, et des représentants de l’Etat ont été envoyés sur le terrain pour faire participer les populations sous forme d’ateliers pour que ce programme reflète leurs aspirations. A la suite de cela, va être organisée une Assemblée, certainement des chefs de projets, une sorte d’Etats Généraux, précise Madame le Ministre du Plan, avec la participation des autorités locales. Il s’agit de donner la parole aux populations ‘’qui en seront les premiers bénéficiaires et les premiers acteurs’’. Là aussi, il s’agit de décentraliser les projets en passant par ‘’les communautés rurales organisées librement en Coopératives et dans d’autres structures participatives. Les projets seront élaborés avec ‘’l’appui d’équipes pluridisciplinaires constituées au niveau national et faisant largement place au concours des structures Associatives, des Médias, des ONG et des Opérateurs Privés’’. Les projets seront évalués et une règle de conduite sera établie pour améliorer l’impact des projets sur le bien-être des populations, car, selon Madame le Ministre Diallo, on constate que beaucoup de ressources sont injectées dans l’Economie sans que l’impact en soit visible. La Table Ronde de Paris a d’ailleurs souligné ‘’les insuffisances constatées en matière de capacité d’absorption des flux d’aide mise à la disposition du Gouvernement. Donc, cette action auprès des autorités locales devrait permettre d’identifier les causes de faible consommation de crédits. On peut d’ores et déjà en avancer quelques-unes : soit l’Etat n’a pas été en mesure de libérer la contrepartie nationale, soit les arriérés accumulés par l’Etat hypothèquent l’instruction de nouvelles requêtes et le fonctionnement normal d’anciens projets. La 3ème cause identifiée tient à la méconnaissance des procédures des bailleurs par les cadres et à la carence de l’administration. Enfin, il arrive parfois que les bailleurs soient tellement procéduriers’’.
Le PNDES se démarque par sa dimension prospective, dans la mesure où il ouvre un horizon au-delà de 2030 ou ‘’vision 2040’’. Ce plan s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de développement qui s’étend sur une vingtaine d’années jusqu’en 2040. Le schéma de développement retenu pour les 20 prochaines années prévoit un taux de croissance ambitieux de plus de deux (2) chiffres pour 2016-2020, outre la création de pas moins de 2 millions d’emplois. Toutefois, il faut rappeler que le PNDES se propose de réunir les conditions devant permettre à la Guinée de réaliser de nouveaux paliers de développement et d’intégrer, sans fracture sociale, l’Economie de marché ou Emergence Economique. Le scénario retenu après l’étape du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres très Endettés (PPTE) suite à la relance des programme de Coopération, après le taux de croissance du produit intérieur brut à 5,4% sur la période 2010-2012, brusquement annihilé par la fracture sociale en 2013 et surtout la maladie à Virus Ebola (MVE) faisant chuter le taux du PIB à 3,8% (2013-2015), prévoit l’éradication de la pauvreté dans le pays, l’instauration d’un meilleur équilibre entre les régions de l’intérieur et celles urbaines et un meilleur redéploiement entre le secteur privé et public.
LE RISQUE SOCIO-POLITIQUE
Face à sa population et face à la Communauté Internationale, le Gouvernement Guinéen s’est fortement engagé à redresser son Economie. Les médias en particulier AfricaTimes magazine avec le Directeur de publication, Mountaga Touré, présent à la Table Ronde de Paris, ont su relayer le succès réel, obtenu par le Gouvernement. Toutefois, les délégations présentes ont félicité la démarche qui stabilise les équilibres macro-économiques ainsi que les possibilités d’investissement.
UNE REFLEXION EST ACTUELLEMENT EN COURS SUR LA GOUVERNANCE STATISTIQUE
Vaste programme si l’on tient compte de l’enlisement de la situation financière du pays, asphyxié par le poids de sa dette. L’Etat était pratiquement en cessation de payement et après le coup d’Etat de 2008, jusqu’à l’élection du Professeur Alpha Condé à fin décembre 2010, tous les volets de la Coopération en dehors des actions qui directement impactant la population, même après les évènements du 28 septembre 2009, ont été bloqués.
D’OU UN PROGRAMME D’INVESTISSEMENT !
Avant le PNDES, l’instrument privilégié de gestion de développement est le programme d’investissement de l’Etat, en dépit du règne des documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DRSP) instauré par les Institutions de Bretton Woods dans le cadre de l’Initiative des Pays Pauvres très Endettés (PPTE) (DRSP1 2002-2005 et DRSP2 2007-2010). L’accent mis sur les infrastructures et la promotion du secteur rural.. impliquent d’augmenter les revenus. Ainsi, le programme présenté à Paris (Novembre 2017) comporte plusieurs volets et dont :
– LE PILIER 4 : l’amélioration de la sphère économique des pauvres, gestion durable du capital naturel à travers la généralisation d’emplois de type haute intensité de main d’œuvre, notamment les jeunes, les femmes et en zone rurale.

– PILIER 3 : Le développement inclusif du capital humain.
Le renforcement des services socio-essentiels (Santé, Education, Besoins en Eau et en Eau Potable) dans un souci de valorisation des ressources humaines.
– PILIER 1 : Promotion d’une bonne Gouvernance au service du Développement durable
Le renforcement des capacités institutionnelles de l’Etat. Madame le Ministre du Plan a insisté sur la Coordination menée par le Groupe Consultatif, sorte de Commission Nationale de mise en œuvre du PNDES, conjointement avec son département ‘’Cheville ouvrière de la préparation et de l’Organisation de la réunion du Groupe Consultatif de haut niveau tenue à Paris (16 et 17 Novembre 2017) qui coordonne les actions des Ministères sectoriels et leurs relations avec les partenaires de développement et apprécie leur cohérence au regard du Programme d’Investissement défini par le Gouvernement.
LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE ET L’INCLUSION SOCIALE
Le pilier qui soutient l’ouvrage est la lutte contre la pauvreté et l’inclusion sociale. La stratégie du Gouvernement en la matière a été finalisée par la réhabilitation de la chaine PPBSE, surtout l’amélioration de la qualité et l’efficacité des allocations budgétaires, et partant à créer les conditions de la croissance à deux (2) chiffres que connaît depuis 2016 la Guinée. Mais Madame le Ministre du Plan de renchérir : ‘’Il ne suffit pas d’avoir une croissance forte et soutenue. Il faut que cette richesse ainsi créée soit mieux distribuée pour lutter contre la pauvreté et l’inclusion sociale des couches vulnérables. C’est en cela qu’avec l’appui de nos partenaires, un accent particulier est mis sur le renforcement de la mise en œuvre du projet des filets sociaux productifs. En somme, depuis 2012, selon Madame le Ministre du Plan, il s’agit de décentraliser les projets en passant par les Communautés Rurales organisées librement en coopératives et d’autres structures participatives, de 21 préfectures, voire des microprojets (266) qui ont contribué à la création de 37.793 emplois pour les femmes et les jeunes par le biais des travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO). Le programme-cadre avait une enveloppe de plus de 5 milliards de francs guinéens pour 8.498 chefs de ménages bénéficiaires, sans compter le paquet de mesures d’accompagnement pour renforcer leurs capacités opérationnelles.
LES PRINCIPES FONDATEURS D’UN SCHEMA DIRECTEUR
Depuis 2011, la modernisation de l’Etat est une préoccupation des autorités gouvernementales. De très nombreuses initiatives ont été prises dans les différents Ministères et bien évidemment les Administrations du Plan et du Développement Economique. A ce titre, une lettre de mission du Ministère du Plan stipulait : ‘’La gestion du développement incluant, la production statistique, la planification du développement économique, le suivi et l’évaluation des politiques publiques’’. Voilà pourquoi, Madame le Ministre du Plan et du Développement Economique assure le rôle de Gouverneur pour la Guinée des Banques Multilatérales de Développement telles que la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, la Banque Islamique de Développement. En même temps, elle est l’interface entre le Gouvernement et la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA) et les Fonds Arabes. Il s’agissait de donner une ambition nouvelle à la démarche du projet de société de son Excellence Monsieur le Président de la République le Professeur Alpha Condé, à savoir : poursuivre l’amélioration de la gestion et engager des actions de réorganisation et de structures et doublée du ‘’ciment’’ voire du ‘’creuset’’ des valeurs communes fondant la déclaration de politique générale de Monsieur le Premier Ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana. Lors de sa présentation devant les médias, Madame le Ministre du Plan a insisté sur plusieurs points :
– L’existence d’un réel service public planificateur ayant ses propres valeurs, ses propres références et s’inscrivant dans une mission régalienne de l’Etat, soumise à des obligations de neutralité et d’équité.
– L’incontestable technicité et le professionnalisme des métiers exercés par les agents du Ministère du Plan et du Développement Economique. Ce qui implique que tout ce qui concourt à la gestion ces personnels et à leur environnement de travail fasse l’objet d’une attention particulière.
– La recherche de l’exemplarité en matière d’efficacité qui doit être constamment recherchée par les administrations ayant en charge le plan et le développement économique.
La volonté enfin, sur laquelle Madame le Ministre du Plan et du Développement Economique, a insisté, de rendre un service de qualité à l’usager qui, en dernier ressort doit rester le principal critère d’efficacité de son administration. La priorité principale est de poursuivre la modernisation des administrations. Car, dans un monde en mutation, dans une réglementation évolutive, il est évident que les services doivent s’adapter au changement. A ce titre, le Conseil National de la Statistique vit le jour. Le 2ème objectif est d’affirmer et de concrétiser l’Unité planificative, cela grâce à une recherche systématique, de la collaboration entre les différents services du Ministère ; collaboration entre deux (2) Directions lorsque chacune intervient sur une partie d’un problème commun. Un bon exemple en est fourni : au-delà de la tutelle du Secrétariat Permanent de la Stratégie de la Pauvreté, c’est la fusion des deux (2) anciennes Directions chargées des investissements publics en une Direction Nationale des Investissements Publics. Collaboration également entre tous les Ministères, en dépit de la création de la Commission Nationale de Planification via la création, du Bureaux de Stratégie et de Développement, la nomination de leurs Directeurs Généraux et le renforcement de leurs capacités. Ils auront notamment pour mission de développer les synergies entre les services, dans le but de donner une plus grande efficacité à leur action, de rendre une plus grande efficacité aux citoyens ; sans oublier la création d’un Comité de cadrage macro-économique et d’être enfin le lieu où sera mise au point une expression collective quand celle-ci sera souhaitable ou nécessaire, ‘’taskforce’’ pour conduire le processus d’élaboration du PNDES ou des Comités Ad hoc pour les autres processus techniques que sont l’étude nationale prospective et la préparation de la réunion du Groupe Consultatif.
APPROFONDIR LA FONCTION D’EXPERTISE DE L’ADMINISTRATION CENTRALE
– Création de Commission Institutionnelle de planification.
Madame le Ministre en arrête la liste, l’objet et la composition sur un rapport du Comité des Directeurs. A travers les outils de planification, de programmation, budgétisation, suivi et évaluation (PPBSE), le cadre ‘’Modèle de Simulation de l’Economie Guinéenne (MSEGUI) a été révisé ; la production statistique, notamment la réalisation des enquêtes alignées sur les besoins de données pour l’élaboration du PNDES et ‘’des notes méthodologiques pour l’analyse diagnostique de la situation de développement, la planification stratégique, la planification opérationnelle et la programmation des investissements ont été aussi créés. Mieux, il a fallu des reformes pour que la démarche du PPBSE soit revisitée pour devenir plus structurée, méthodique et inclusive.
RETOMBEES DU PNDES
En termes de retombée macro-économique, la mise en œuvre du PNDES a mis l’Economie Guinéenne sur une trajectoire de forte croissance. Selon les données de l’Institut National des Statistiques, le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé en termes réels de 10,8% en 2016 à 13,4% en 2017 bien au-delà des prévisions. Les perspectives pour 2018 étaient également bonnes. Si cette tendance est maintenue, le pari d’un taux de croissance à 2 chiffres serait gagné sur toute la période couverte par le PNDES. Obtenu dans un contexte de maîtrise de l’inflation (autour d’une moyenne de 8,5% contre 21,4% en 2011) et de consolidation des avoirs extérieurs nets (au-delà de deux (2) mois d’importation), ces résultats traduisent une stabilité du cadre macro-économique. A cela, il faut ajouter les efforts de l’investissement sans précédent sur la période 2016-2017 (36% du PIB dont 29% d’investissements privés, sous-tendus par une conduite efficace des réformes structurelles dans les secteurs de fortes croissances, dans les mines, les BTP, les infrastructures routières et énergétiques). Par comparaison avec le taux de croissance démographique de 2,9%, cette dynamique signifie une augmentation du revenu par tête de plus 9% l’an et par conséquent, un début d’amélioration des conditions de vie des populations, confirmé par les résultats de l’enquête démographique et de santé réalisée en 2018 par l’INS.
PERSPECTIVES EN 2019
Une majorité d’observateurs estiment qu’il n’est pas facile ‘’de ménager la chèvre et le choux’’ et qu’il faut créditer le Ministère du Plan et du Développement Economique, des progrès accomplis dans un contexte difficile, caractérisé par des crises sociales chroniques, surtout que la dette extérieure contenue, avec la bonne volonté de Madame le Ministre du Plan. Les termes du contrat sont clairs : les partenaires et les bailleurs de fonds tiennent compte de la volonté affichée du Président de la République, le Professeur Alpha Condé, d’ancrer son pays dans les réformes structurelles et reconnaissent les efforts accomplis dans la recherche de la démocratie : A charge pour lui de ne pas relâcher ses efforts. Les autorités ont bien entendu le message et le Ministère du Plan et du Développement Economique a bien inscrit au nombre de ses priorités la promotion de la bonne gouvernance. Mais 2019, la 4ème année de la période couverte par le Plan, Madame le Ministre du Plan et du Développement Economique s’inquiète de ce que le temps, pour engager les fonds, est très réduit. Car le projet d’arrêté régissant le dispositif institutionnel du suivi et de l’évaluation du PNDES n’a été signé que le 28 Novembre 2018. Et le Secrétariat Technique du PNDES a été créé par Arrêté du Ministre du Plan et du Développement Economique. Ainsi, à partir de Juin 2019, soit à mi-parcours une revue doit être faite entre le Gouvernement, les Partenaires Techniques et Financiers, la Société Civile et le Secteur Privé pour apprécier le déboursement des tranches passées grâce au dispositif institutionnel de suivi et d’évaluation et procéder à Novembre 2019 à la programmation des actions prioritaires de 2020. Signalons que ‘’Lomé 4’’ révisée prévoit qu’on remet seulement 70% de l’enveloppe au pays et le reste après revue à mi-parcours. Des missions officielles ciblées sur un certain nombre de Partenaires Techniques et Financiers sont prévues. La constitution d’une base de données sur les annonces et la mise en œuvre des instruments programmatiques sont prévues.
UN MODELE A REVOIR
Sur le terrain de l’Emploi, de l’Inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté, les nouvelles ne sont pas encore meilleures. Selon le Fonds Monétaire International (FMI), l’Emploi, l’Inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté restent un défi majeur pour l’avenir de l’Economie Guinéenne. Ce sont les Jeunes entre 15 et 35 ans disent ces experts, qui restent les plus touchés. En effet, le modèle économique poursuivi jusqu’ici a atteint ses limites. Le modèle basé sur la demande intérieure n’a pu avoir qu’un faible effet multiplicateur en emplois. Il impacte directement la balance commerciale, car la demande est surtout satisfaite par les importations. Or, les importations ont doublé au cours des dernières années ; ce qui s’est traduit par des pertes d’emplois et la précarité. Certes, des investissements importants ont été réalisés mais ils tardent à produire leurs effets. Dans l’avenir, les créations se feront de plus en plus dans le secteur des services, à moins que la stratégie d’accélération industrielle débouche sur une création plus forte d’emplois. Le programme Nafa a permis de renforcer l’impact positif du projet de filets sociaux productifs et son dispositif de protection sociale sans oublier de conforter les capacités du Gouvernement à lutter durablement contre la pauvreté et la vulnérabilité. Car, selon les statistiques, le revenu par tête de 9% l’an et partant, l’amélioration des conditions de vie des populations obligent à une décentralisation plus poussée du nouveau programme Nafa.
IMPACT SUR LE DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL
Il est à noter que le Ministère du Plan et du Développement Economique doit veiller à l’influence des problèmes Institutionnels sur la performance des projets du PNDES. Nous mentionnons ainsi le Programme National de Renforcement des Capacités d’un coût de 23 millions de dollars Américains et qui doit démarrer cette année. Une composante importante est le volet sur la question stratégique du Ministère du Plan, qui est de porter les capacités managériales du département à la hauteur des exigences de performance de toute organisation moderne, notamment, l’ancrage de la lettre de mission dans la pratique institutionnelle du Ministère.
– L’appropriation par les différentes entités du Ministère pour la programmation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de leurs activités.
– La codification des pratiques à travers un manuel de procédure et l’instauration de la culture de redevabilité.
– Favoriser le dialogue et la communication : dans le même ordre d’idées, le Ministère du Plan et du Développement Economique entend assurer une meilleure visibilité de ses actions et mettre en œuvre pour le compte de l’ensemble des Directions et leur concours, différentes mesures directionnelles destinées à favoriser les échanges d’informations internes ainsi que la communication externe. Là, une invite a été faite à la presse. Si le document est précis, il reste évolutif.
– Prolonger la déconcentration quantitative des moyens par une déconcentration qualitative.
– Renforcer l’accès à la formation des personnels via la généralisation des plans de formation élaborée de manière déconcentrée et vérifier l’adaptation aux besoins de l’outil de formation grâce à la mise en place d’un dispositif d’évaluation ou système national de planification. Mieux, par le canal ‘’Planification Régionale et Aménagement du Territoire’’ il s’agira de créer les conditions pour décliner la mise en œuvre du PNDES 2016-2020 Au niveau régional. Plusieurs activités sont retenues : l’intégration de l’aménagement du territoire, le renforcement des capacités en aménagement du territoire, des structures déconcentrées et des collectivités locales ; la régionalisation de la mise en œuvre du PNDES et l’élaboration de schémas régionaux d’Aménagement du Territoire. Enfin, les observateurs accueillent avec satisfaction l’annonce faite par Madame le Ministre du Plan et du Développement, Madame Hadja Mama Kanny Diallo, que dans le scénario de référence proposée pour le PNDES, elle compte créer un manuel de gestion de Développement, applicable à la Guinée au regard des acquis et de la somme d’expériences en matière de PPBSE, depuis trois (3) ans afin d’éviter de : ‘’réinventer la roue’’ à chaque cycle de planification ou dans la gestion quotidienne. En outre, ce manuel soutiendra les efforts déployés par le Gouvernement pour renforcer les capacités humaines et institutionnelles et contribuer à l’amélioration de la gestion des affaires publiques.

Don de Dieu Agossou

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