Malado KABA, Ministre de l’Economie et des Finances, a été l’invitée de l’émission Guinée Actu, diffusée,  le 14 juin dernier sur la RTG, pour communiquer sur sa politique sectorielle.

S’exprimant sur le secteur de la  commande publique, elle déclare à l’entame, après un court reportage sur les missions et attributions des trépieds (DNMP ; ACGPMP et ARMP) : « la commande publique, c’est un moyen d’injecter des ressources dans l’économie. Il faut savoir qu’aujourd’hui, à date, au premier trimestre, l’ensemble des procédures de passation des marchés qui ont été conclus nous ont permis d’injecter plus de six milliards de franc guinéen dans l’économie. On le sait tous, ça ne fonctionne pas. Ce n’est un secret pour personne. Les constats, les principaux constats que nous avons tous en tête, cependant pour moi, ne sont pas nouveaux. Ça fait des décennies que moi j’entends parler de lenteur du système, de recours abusif, de recours au gré à gré, de surfacturation etc… ce n’est pas nouveau. »

Quid pour l’amélioration du système ?

Elle dira, je cite « il y a trois (3) points : le premier c’est l’architecture institutionnelle ; le deuxième point, c’est le processus lui-même avec sa lenteur etc. ; et le troisième point, je dirai pour moi est lié aux questions de transparence et d’équité.

Alors s’agissant du premier point aujourd’hui, nous avons pris un certain nombre de texte qui vise notamment à fluidifier le circuit en évitant les redondances dans les Avis de Non Objection par exemple et également en rappelant à tous les acteurs les délais qui sont prévus par la loi et qui sont des délais très clairs, très précis et qui ne devraient pas nous amener à des délais extrêmes,  longs comme ça se voit parfois.

Sur le deuxième aspect concernant le processus, aujourd’hui nous sommes également en train d’initier l’informatisation d’un certain nombre d’étape, d’un certain nombre de mécanisme, pour nous permettre de suivre, de contrôler, de sanctionner……

En ce qui concerne la transparence et l’équité, donc il y a comme on le sait un recours abusif au gré à gré et cela en dépit des textes qui encadrent pourtant ce recours. Donc nous avons aujourd’hui, resserré je dirai un l’étau et nous contrôlons  cela de manière plus précise…… »

Répondant à la question du journaliste, Alhassane Diogo BARRY, de la RTG,  sur les difficultés particulières rencontrées dans la passation des marchés avec les entreprises, Malado KABA, souligne : « Un des chantiers que nous avons,  de pouvoir travailler avec l’Autorité de Régulation (ARMP), sur une constitution de liste noire d’entreprises donc, après, je dirai un processus d’évaluation et pour permettre d’assainir justement et de promouvoir celle des entreprises les plus sérieuses dans notre pays parce qu’il y en a. Mais il est vrai qu’elles n’ont peut-être  pas toujours voix au chapitre.

Donc pour nous aujourd’hui, je dirai la problématique c’est vraiment de pouvoir se doter d’outils, qui nous permettent à la fois de sanctionner les entreprises qui ne font pas le travail correctement et deuxième promouvoir nos entreprises nationales, nos PME locales pour voir celles qui sont sérieuses. »

Sur une question du journaliste Aboubacar CAMARA, de la RTG sur la capacité de médiation du MEF, la Ministre Malado KABA, très convaincante passe par de la pédagogie pour s’expliquer sur la nécessité d’une appropriation et d’une vulgarisation des textes par les différents acteurs intervenants dans la chaine de passation des marchés publics. Sans détours, elle affirme, je cite : « je pense que là encore, vous savez… il faut aussi s’approprier les textes, je crois d’ailleurs dans le reportage, il y a eu un passage qui mentionnait, il me semble, le fait que tous les acteurs à date ne se soient pas totalement approprié le code des marchés publics.

C’est un code qui a été adopté en 2012, mais dont, il faut le rappeler, dont l’application n’a commencé qu’en 2015. Donc, on a encore peu de recul. Je crois que ce code mérite vulgarisation, comme cela a été mentionné très justement dans le reportage. Et ça aussi, il faut communiquer ce code, le vulgariser et aussi former les différents acteurs à chaque étape, qui sont chargés de le mettre en œuvre. Je crois que ça ce sont aussi les défis  immédiats que nous avons. Donc je pense que la formation, l’appropriation des textes, la connaissance des textes, permettra de résoudre ces questions. Mais je crois, il y a, la médiation de toute façon, nous la faisons aussi constamment. Mais il y a pour moi un point essentiel qui est de connaître bien les textes et aussi d’être formé à leurs mises en œuvre. »

Prenant la parole, Ougna CAMARA, journaliste (Bloomberg) : déclare : « nous allons parler un peu de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics, c’est une institution qui est très importante dans le système de passation des marchés en Guinée. Mais nous sommes tous informés que cette institution peine réellement à dynamiser, redynamiser un peu, si je peux dire son fonctionnement. Au niveau du Ministère de l’Economie, qu’est-ce que vous faites pour que cette institution puisse vraiment  marquer son terrain ?

Madame la Ministre, Malado KABA, très sereine, déclare : « Alors ! L’Autorité de Régulation des Marchés, c’est un, pour moi, l’un des acteurs important dans ce dispositif, puis que, c’est une Institution auprès de laquelle, les soumissionnaires qui s’estimeraient léser,  peuvent faire recours.

C’est une Institution aussi qui a la charge de la formation, ne l’oublions pas. Et c’est aussi une Institution, qui aussi, je dirai à également la charge de travailler sur un référentiel de prix.

Donc aujourd’hui, nous avons, depuis notamment la publication de cet audit, nous en avons partagé, les principaux résultats avec l’Autorité de Régulation des Marchés Publics. Et nous initions des rencontres régulières avec eux dans le cadre justement de ce groupe de travail que nous avons mis en place. Donc, ils sont très activement impliqués aujourd’hui, dans la mise en œuvre du plan d’action qui est issu de ce processus.

Alors il est vrai, et ça nous y réfléchissons, qu’elle doit être dotée de ressources suffisantes pour pouvoir accomplir sa mission. Et donc ça nous réfléchissons avec eux actuellement. »

Il est certain, par cette communication, Malado KABA, Ministre de l’Economie et des Finances, prouve que l’enjeu de l’amélioration du système de passation des marchés publics, passe par une franche collaboration avec l’Autorité de Régulation des Marchés Publics. Mais surtout de doter  l’ARMP de ressources suffisantes pour mener à bien sa mission de Régulation.

Lamine TOURE

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