April 22, 2018

Près de 300 femmes communautaires organisées en groupements améliorent leur travail suite à l’implantation du système de forage à pompage avec énergie solaire dans le district de Djimbala situé à 11 km de la sous-préfecture de Missamana et 40 km de la Préfecture de Kankan de laquelle cette sous-préfecture relève.

Dans ce village il existe 2 groupements composés de 316 membres dont 95% de femmes. Grâce à l’installation de ce système de pompage d’eau avec énergie solaire, unique en son genre dans cette localité par le Fonds International de Développent agricole (FIDA) en 2015, les membres de ces groupements foncièrement féminins et composés de personnes âgées (60 ans en moyenne) réalisent désormais aisément leurs activités de maraîchage avec la résolution durable des problèmes liés à l’irrigation. Le système mis en place a permis de résoudre de nombreux problèmes liés à l’obtention de l’eau, entre autres :
La réduction de la pénibilité du travail des ces femme qui étaient obligées de trouver de l’eau à des sources très éloignées de leurs périmètres et de puiser à des profondeurs de près de 30m le plus souvent ;
Le tarissement des puits en saison sèche pourtant propice au maraîchage ;
Le remplacement des pompes à moteur mécanique dont le fonctionnement et l’entretien étaient très exigeant ;
La lutte contre les maladies hydriques du fait de l’utilisation dans le passé par ces femmes de l’eau provenant de sources impropres (marigots, lacs et puits).
Tout ceci a contribué à la réduction du temps de travail des femmes, temps orienté désormais sur d’autres activités au niveau des périmètres, la génération de marges bénéficiaires dues à cela et à l’entretien et fonctionnement des motopompes ainsi que la diminution et/ou suppression des frais liés aux soins sanitaires à cause des maladies hydriques.
En effet, le nouveau système qui utilise l’énergie solaire stockée dans des batteries permet d’alimenter la pompe se trouvant à l’intérieur du forage qui pompe de l’eau régulièrement au niveau des périmètres, d’où la disponibilité  en toute saison de l’eau pour ces femmes démunies.
Contrairement aux traditionnels moyens utilisés auparavant par ces femmes, il a permis d’augmenter leur niveau de vie par la génération de revenus sur le surplus dû au gain de temps et au fonctionnement des motopompes.
En effet, les pièces échangeables composées de bactéries et de régulateur ne sont renouvelables que tous les trois (3) ans, ce qui permet de réduire drastiquement les charges liées à l’irrigation. Pour donc prévoir le remplacement des ces batteries sur 3 ans, les deux (2) groupements ont décidé de mettre un système de mobilisation de fonds facile et à la portée des productrices membres, pour remplacer à la longue ces pièces.

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Mama Aïssata KEITA, femme leader de ces groupements explique l’importance du phénomène : «  l’avènement de ce système nous a non seulement permis d’épargner mais aussi de réduire la pénibilité du travail. Les femmes ont de l’eau à tout moment et presque gratuitement. Chaque membre ne mobilise que 10 000 Francs Guinéens par an soit 1 Euro environ ce qui fait un montant de 9 480 000 GNF pour les 316 membres sur 3 ans largement suffisant ».
Elle poursuit, ce montant permet de remplacer sur 3 ans ces pièces qui ne coûtent que  6 700 000 GNF soit un reliquat de 2 780 000 GNF. Les 2 groupements lors de leur Assemblée Générale ont décidé de fixer les frais de puisage de l’eau par les autres membres de la communauté sur le périmètre. Avec l’appui des les techniciens ce montant a été fixé à 500 GNF par bidon pour 10 personnes chaque jour (planification de base) soit 3 650 personnes par an avec des revenus annuels engendrés de 1 825 000 GNF/ an. Ce montant et le surplus issu des fonds mobilisés par les membres nous permettent d’alimenter la caisse afin de faire face à d’éventuels problèmes. Mais cela fait déjà plus de 2 ans que nous n’avons eu de problème au niveau de ce forage depuis son installation. Le seul travail qu’on fait c’est le nettoyage des panneaux qui réalisé par les hommes des groupements.

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Outre les nombreuses utilités liées à l’usage des énergies durables et renouvelables, cette autre est un exemple qui a permis d’aider considérablement les femmes maraîchères de cette communauté y compris tous les autres membres du village. Le système a permis de rehausser le niveau de vie de ces femmes par la réduction de leurs charges de production due au gain en temps de travail, aux frais d’entretiens des anciens équipements dont l’utilisation demande assez de frais pour le fonctionnement et l’entretien.
S’il est répliqué à large échelle dans les zones pauvres d’Afrique, il peut résoudre énormément  les inégalités liées entre les hommes et les femmes et la lutte contre la pauvreté de ces femmes démunies vivant le plus souvent largement en dessous du seuil de pauvreté et représentant la plus grande proportion de personnes pauvres en Guinée et en Afrique au sud du Sahara.

Fatoumata DIAWARA
Pour radio-kankan.com
Tél. : +224 625 250 055

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