December 16, 2018

Le 02 octobre prochain, la Guinée va célébrer ses 60 ans d’Indépendance. Il y a soixante ans, nous avons dit NON au Général De Gaule et à la France. Il y a encore huit ans que nous avions participé à la première élection libre du pays à l’issue de laquelle l’opposant historique aux différents régimes Alpha Condé a été proclamé vainqueur.

L’élection de CONDE à la tête du pays a été perçue par beaucoup d’observateurs comme l’aboutissement de la longue marche entamée par le Peuple de Guinée pour la démocratie. Cette marche sur un chemin semé d’embouchures et d’obstacles a connu son épilogue le 28 sept 2009. Ce jour des dizaines de milliers de Guinéens sont descendus dans la rue et ont convergé au Stade du 28 septembre pour exprimer leur opposition à la tentative de confiscation du pouvoir par la junte militaire dirigée alors par le Capitaine Dadis CAMARA.

L’heure est grave pour cette démocratie chèrement acquise, une minorité d’oligarques est entrain de trainer dans la boue la République, ses valeurs et ses principes sont bafouées sans aucune scrupule ni d’Etat d’âme.

Depuis huit ans les institutions qui fondent notre démocratie sont entrain d’être bâillonnées les unes après les autres, une Assemblée Nationale devenue une caisse à résonance et une justice de plus en plus aux ordres d’un exécutif plus que jamais corrompu.

Il est incompréhensible que malgré cette volonté manifeste du pouvoir de nous imposer un régime autoritaire, malgré les signaux alarmants qu’on ne cesse de recevoir, la société Guinéenne demeure majoritairement dépitée, passive, amorphe et  parfois fataliste. Où est passé cet esprit de résistance et  de protestation qui a toujours caractérisé ce peuple ?

Soit vous êtes d’accord avec la façon dont les choses se passent dans le pays. Dans ce cas,  cet appel ne vous concerne nullement. Soit la Guinée actuelle n’est pas le pays dont vous rêviez, alors dans ce cas vous devez agir et vous battre pour faire bouger les lignes.

Cet appel ne vous incite nullement à la révolte ou la violence, mais plutôt à la protestation pour sauvegarder les acquis démocratiques et à l’action citoyenne pour bâtir le pays dont vous rêvez.

Le rôle de contre-pouvoir n’est pas dédié qu’aux partis politiques ou aux opposants. Chaque citoyen peut jouer sa participation par des actions citoyennes : exprimer son ras-le-bol par le vote sanction, sensibiliser les autres par la dénonciation et si nécessaire descendre dans la rue pour manifester à travers des sit-in ou des marches pacifiques.

Agir avant qu’il ne soit trop tard, agir pour éviter la Haitisation du pays, un pays sans perspectives qui survit sous perfusion de l’aide extérieure.

Les récents événements de la situation actuelle n’augurent rien de bien pour notre démocratie dans les prochaines semaines et les prochains mois. Les institutions qui devraient être des recours des citoyens contre l’oppression à savoir l’Institution Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (INDH) et la Cour Constitutionnelle sont minées par des crises internes liées aux problèmes de sous ou de billets de banques. Ces crises ont été provoquées sciemment  par le pouvoir pour faire taire toute résistance face à son entreprise machiavélique : la confiscation du pouvoir.

« Ce qui permet au mal de triompher c’est l’inaction des gens du bien ».  Notre salut et celui des générations futures résident en notre capacité d’engagement citoyen et patriotique, comme le suggérait le jeune républicain Fodé BALDE. Et plus loin, il précisait, s’adressant à la jeunesse guinéenne, que l’inaction n’est plus une option !

OUSMANE MORIAH KABA, Jeune Républicain, LA GUINÉE D’ABORD

No Comments