«Je demander aux parents d’élèves d’appuyer leurs enfants dans le choix de leur carrière qui ne peut trouver solution idoine que dans le cadre du système d’enseignement technique et professionnel».
Radio-kankan.com : M. le Ministre, quelle est la mission principale dévolue à votre département ?
Damantang Albert Camara : Ce Département a pour mission la conception, l’élaboration et la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière d’adéquation entre l’Emploi, l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle, et d’en assurer le suivi. A cet effet, une Lettre de mission lui a été confiée par le Premier Ministre et qui lui assigne des objectifs à atteindre, notamment, la formation et le perfectionnement des guinéens dans des domaines aussi variés que les Mines, l’Agriculture, l’Industrie, l’Hydraulique, l’Energie, l’Hôtellerie, le Tourisme, les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC, en vue de leur insertion socioprofessionnelle.
Après donc une année scolaire bien remplie, le Ministère s’est attelé aux préparatifs de la nouvelle année 2016-2017. Ce sont entre autres, à travers :
– L’organisation des concours de recrutement dans les institutions de formation technique et professionnelle qui a été tenus en septembre et la prise en compte de l’orientation des bacheliers vers les écoles professionnelles, en tenant compte des capacités d’accueil des institutions de formation,
– La mise à disposition des écoles des équipements et autres intrants nécessaires au démarrage effectif des cours,
– La rénovation et/ou l’amélioration des infrastructures, des équipements et autres installations scolaires,
– Le suivi du respect des mesures de bonne gouvernance (immatriculation des admis aux concours, etc.) déjà mise en œuvre depuis quelques années, etc.
Enfin, l’organisation de l’atelier préparatoire de l’ouverture des classes également tenue en septembre à Mamou, et qui a pris les dispositions idoines permettant une bonne rentrée scolaire. En effet, chaque année le département tient une rencontre qui regroupe tous ses cadres (Cabinet, Directeurs nationaux et généraux, chefs de services d’appui, Directeurs d’établissements) aux fins de créer les meilleures conditions pour une rentrée et une année scolaires réussies.
Monsieur le ministre, quand on fait la comparaison des effectifs des cinq dernières années dans la plupart des établissements d’enseignements techniques et professionnelles, nous constatons aisément que le nombre d’étudiants s’augmente d’une année à une autre. Est-ce que cela ne prouve pas que les jeunes guinéens aient compris l’impact des écoles de métiers dans le développement socioéconomique du pays ainsi que leur propre épanouissement ?
Effectivement, les effectifs sont croissants d’année en année, grâce au lobbying engagé par le Département de l’EETFP pour inciter d’une part les bailleurs de fonds à s’investir dans le secteur, et d’autre part pour encourager les élèves à s’orienter vers cet important système. En effet, de 25000 inscrits dans les écoles techniques et professionnelles en 2011, on est aujourd’hui, en 2016, à plus de 50000 apprenants. Et chaque année, le nombre de candidats aux concours de recrutement augmente parce que, il est aujourd’hui établi que l’enseignement technique et la formation professionnelle sont et demeurent les meilleurs vecteurs pouvant booster l’employabilité des jeunes. Conséquemment, le Ministère, s’est donc engagé à former aux diverses compétences, nécessaires à la mise en œuvre de la politique de développement socio-économique du Gouvernement.
Cette disposition débouche nécessairement sur la satisfaction progressive des besoins de main d’œuvre dans les principaux secteurs de développement du pays, surtout les secteurs agricole et minier, et cela, grâce à une dynamique politique d’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Les jeunes ont donc parfaitement compris et admis cette réalité qu’est l’adéquation Formation-Emploi qui consiste en la mise en œuvre de la formation technique et professionnelle au service de l’emploi. Aussi, eu égard à l’appartenance de la Guinée à une communauté économique régionale prônant la libre circulation des personnes et des biens et tenant compte des méga projets miniers, agricoles projetés, il est évident que la valorisation de cette adéquation Formation-Emploi assure aux jeunes de Guinée, une facile insertion socioprofessionnelle pour un avenir meilleur.
Actuellement dans plusieurs pays, c’est la formation-emploi et non emploi après formation. C’est-à-dire, l’étudiant pratique des métiers ou une formation professionnelle pouvant lui permettre de créer sa propre entreprise même en situation de classe. En tant que ministre de l’Enseignement technique de la formation professionnelle et de l’emploi, est-ce que vous comptez instaurer ce système dans notre pays ? Si oui, en quoi faisant ?
Comme déjà annoncé dans la réponse à la question précédente, je puis vous confirmer aujourd’hui que ce système valorisant l’adéquation Formation- Emploi est bien instauré dans des institutions de formation technique et professionnelle. Le dispositif de formation du Ministère de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail compte à ce jour 163 institutions de formation reparties entre le public (56) et le privé (107) et développe 84 filières dans 50 corps de métiers pour les secteurs primaire, secondaire et tertiaire. A ceci, s’ajoute le dispositif de formation de courte durée, constitué de 15 centres et qui assure une formation souple s’adaptant aux demandes sociales et économiques propres à chaque localité de notre pays et portant sur les filières : couture, maçonnerie, carrelage, bar / restaurant, coiffure, floriculture et peinture bâtiment.
Ce dispositif de formation demeure un élément essentiel pour la maîtrise des compétences, du savoir-faire, des attitudes, des aptitudes et des comportements fondamentaux dans un contexte de compétitivité et de progrès technologique. En effet, l’enseignement technique et professionnel, a pour vocation essentielle, l’approvisionnement du marché de l’emploi en agents qualifiés et compétents, grâce à la formation initiale, à la formation continue, à un apprentissage modernisé et performant. Il appuie également le secteur informel à travers l’organisation de perfectionnement à l’intention des artisans.
Ce système qui repose sur la mise en œuvre de l’adéquation Formation-Emploi a, entre autres innovations introduit dans les écoles, l’enseignement de entrepreneuriat, les stages pratiques en entreprises. Ces innovations confèrent à l’apprenant un nouveau ‘savoir-faire’ qui lui donne un véritable esprit d’entreprise. Conséquemment, le jeune qui a suivi un cursus de formation, par exemple, en Menuiserie, en Plomberie, en Mécanique, etc. peut, à défaut d’être engagé par l’État ou une société privée, se prendre facilement en charge en créant sa PME.
Partout ailleurs, les jeunes constituent un segment important sur le marché du travail. La Guinée, un pays à grand potentiel minier, sans la formation professionnelle et technique des jeunes, il serait donc illusoire de prétendre au développement économique et social et à l’épanouissement de l’individu. Or ces objectifs passent avant tout par le développement des ressources humaines et par la promotion de l’emploi. Que fait votre département pour l’atteinte de ces objectifs ?
La jeunesse constituant l’avenir, il faut noter qu’une jeunesse bien formée et responsable est le garant du développement de tout pays. La Guinée dispose d’un sol et d’un sous-sol qui regorgent d’importantes richesses tant agricoles que minières dont l’exploitation requière nécessairement des hommes et femmes compétents. En effet, la mise en valeur de ce potentiel passe obligatoirement par la formation professionnelle et technique de la jeunesse guinéenne, gage certain de tout développement du pays et de tout épanouissement de l’individu. Par exemple, la formation aux nombreux métiers du secteur minier en vue de préparer une main d’œuvre compétente et compétitive, capable d’appuyer la mise en œuvre des méga projets miniers annoncés, constitue un facteur de développement des ressources humaines et assure de facto, la promotion de l’emploi.
Pour atteindre ces objectifs, Il faut noter comme conditions, l’amélioration de l’accès, l’amélioration de la qualité et la diversification des filières, la mise en place de nouveaux dispositifs de formation en lien avec les enjeux des besoins importants en main d’œuvre, l’augmentation des capacités d’accueil des écoles par la construction de nouvelles infrastructures. Également, le Département dispose d’un ensemble de structures engagées dont la mission première est de faire la promotion de l’emploi et de booster l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Il s’agit de l’Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi (AGUIPE), de l’Office national pour la formation et le perfectionnement des personnels (ONFPP), du Centre national de perfectionnement à la gestion (CNPG), la Direction nationale de l’emploi et de l’insertion socioprofessionnelle, l’Inspection du Travail, etc…
Pour exemple, l’AGUIPE, de par sa mission, observe et anime le marché du travail, sélectionne, conseille et oriente les demandeurs d’emploi, assure le conseil et l’assistance en matière de recrutement et de gestion des ressources humaines des entreprises, participe au recrutement du personnel des entreprises adjudicatrices de marchés publics, prospecte le marché de l’emploi en vue de l’insertion des demandeurs d’emploi, etc.
Votre mot de la fin…
La Guinée est un pays que la nature a doté d’énormes potentialités dans son sol et son sous-sol. Ces potentialités sont minières, agricoles, halieutiques, etc. qui attendent d’être valorisées par ses fils. Pour ce faire, un seul message à communiquer : c’est d’une part, demander aux parents d’élèves d’appuyer leurs enfants dans le choix de leur carrière qui ne peut trouver solution idoine que dans le cadre du système d’enseignement technique et professionnel, et d’autre part, inviter les élèves à s’orienter vers l’enseignement technique et professionnel qui constitue une voie royale pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, nécessaire à leur épanouissement personnel, et au meilleur développement de notre pays, la République de Guinée.
Merci M. le ministre
Merci à RKK
Mohamed Sylla pour radio-kankan.com


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