Réchauffement climatique
La problématique du changement climatique et de son impact sur le développement des populations, des activités économiques et sur l’environnement, a un caractère transversal et se trouve abordée dans de nombreux projets soutenus par les financements européens.
En premier lieu, dans le secteur des énergies renouvelables, notamment de la génération et de la distribution d’électricité. Le propre des énergies renouvelables est bien de diminuer l’utilisation de ressources fossiles (pétrole, charbon, gaz …) génératrice de CO2 avec un impact fort sur le changement climatique.
Les financements de l’Union européenne, s’inscrivent dans l’Initiative de l’Afrique sur les Energies Renouvelables (IAER) lancée à la CoP 21 à Paris sur le climat en nov-déc 2015. L’engagement européen dans l’énergie en Afrique sub-saharienne sera de l’ordre de 2,5 milliard d’euros sur la période 2016-2020 dont 1.5 milliard d’euros pour les énergies renouvelables.
En Guinée, les grands projets d’énergies renouvelables financés sur fonds européens[1], s’élèvent déjà à 175 millions d’euros et place l’Union européenne et les Etats Membres parmi les partenaires majeurs du pays pour le développement du secteur. Ces projets incluent le transport et la distribution d’électricité dans la mesure où l’énergie générée est d’origine hydroélectrique.
Parmi les interventions, on peut mentionner:
– avec la BEI, la réhabilitation des capacités de production d’énergie hydroélectrique (centrales de Grandes Chutes, Banéah, Donkéya et Garafiri) et du réseau de distribution en Guinée (postes de transformation 60/20kV de Kipé et Sonfonia et 110/20kV Sonfonia Casse).
– le cofinancement de l’AFD (chef de file) et de l’UE pour le projet de réhabilitation et de renforcement des lignes de transport (110kV/60kV) d’énergie produite au niveau des centrales hydro-électriques (Garafiri, Grandes chutes ou Donkéya) vers Conakry et l’amélioration de la distribution d’électricité dans les quartiers de Kagbélen et Ansoumanya.
– avec la BEI, l’interconnexion électrique (lignes de transport et postes de transformation) entre la Guinée, la Guinée Bissau, la Gambie et le Sénégal qui permettra au Pays de vendre sa production d’énergie à ses voisins et ce faisant contribuer à la réduction de leur consommation d’énergie d’origine thermique.
Outre ces grands projets il faut aussi considérer des actions, certes de moins grandes envergures mais toutes aussi importantes. Ainsi dans le cadre de son projet d’Appui au Service Public de l’Eau (ASPE), l’UE va financer dans 14 bourgs ruraux de Haute Guinée et Guinée Forestière des Adductions d’Eau Potable dont le pompage se fera à partir de systèmes solaires ou hybrides (solaire/thermique).
Dans le cadre du Projet d’Appui au secteur de la Santé (PASA) en cofinancement avec la France, 11 centres de santé vont être équipés de panneaux solaires pour la génération autonome d’électricité.
La Guinée dispose d’un fort potentiel d’énergies renouvelables (hydroélectrique, solaire) pour son développement et celui de la sous-région, cette position a été reconnue au pays. Le Président de la République de Guinée a été désigné par ses pairs de l’Union africaine (UA) en janvier 2016 comme Coordinateur de l’énergie en Afrique et porte-parole du plan d’électrification de l’Afrique dans « le domaine des énergies renouvelables au niveau de la CEDEAO et au niveau continental ». Parmi les actes récents en matière de diplomatie sur l’énergie renouvelable, on peut citer la visite à la demande du Président Condé, que le Directeur Général de DEVCO (Coopération au développement de la Commission européenne) a rendue à la Guinée les 24 et 25 juillet 2016 pour échanger sur l’appui de l’Union européenne à l’Initiative de l’Afrique sur les Energies Renouvelables (IAER) et les travaux sur la gouvernance de celle-ci.
Par ailleurs, l’UE appuie le ministère des transports pour que le contrôle technique des véhicules redevienne une réalité et que les parcs automobiles et de camions soit petit à petit renouvelés avec des véhicules moins polluants.
Dans le domaine de l’assainissement et en particulier dans la gestion des déchets solides, l’UE sur le 11ème FED promouvra une filière favorisant au maximum le recyclage et la réduction des incinérations sauvages sources là encore de pollution atmosphérique et de dégagement de gaz à effet de serre.
Il convient également de souligner que l’UE mène depuis 2013 un projet d’appui à l’opérationnalisation du Corps des Conservateurs de la nature, qui apporte une contribution à l’atténuation du changement climatique, à travers son objectif principal de gestion durable des ressources naturelles dans le cadre des aires protégées en Guinée. Cet accompagnement vers une protection efficace des aires protégées doit permettre à la Guinée d’équilibrer les objectifs de développement et ceux de la conservation de la nature. La première phase de ce projet, doté d’un budget de 2.2 millions d’euros, s’achèvera en fin décembre 2016, mais la poursuite et l’extension à d’autres zones d’intervention de cet appui de l’Union européenne est prévue dans le cadre d’un nouveau programme en cours de formulation sur les fonds du 11ème FED (composante « Appui à la gestion durable des ressources naturelles renouvelables favorisant un climat social, économique et une sécurité environnementale autour des aires protégées, à travers l’opérationnalisation du corps paramilitaire des conservateurs de la nature »), qui devrait démarrer mi-2017.
Enfin, dans le cadre du Programme MESA[2] financé par l’UE, la station de surveillance météorologique de la Direction Nationale de la Météorologie, du Ministère des Transports et la station de suivi des variables telles que la température de la surface de la mer, des conditions de la végétation du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts vont être améliorées. Le Ministère de la Pêche, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime se verra doter d’une nouvelle station. Ceci participe d’un réseau régional qui permet de faire de la prévision en matière de production agricole, mais aussi d’un réseau mondial pour le suivi des changements climatiques.
RKK
UE


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