December 16, 2018

La grève des enseignants loin de s’essouffler, continue de plus belle en Guinée. En tout cas à Conakry, les écoles restent toujours  fermées par manque d’enseignants dans les salles de classes. Et ce, malgré les menaces et intimidations des autorités, qui dans un communiqué rendu public dimanche 17 février 2018, ont annoncé la suspension des salaires de tous les enseignants grévistes à partir de ce mois de février.

Une décision qui a mis l’huile sur le feu. En témoigne les scènes de violences ce lundi 18 février 2018 dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment sur l’axe Hamdallaye-Bambéto où un gendarme a péri dans les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants.

Soucieux de la quiétude sociale comme tout bon guinéen, le président de l’union des forces républicaines a une fois de plus invité les autorités à privilégier le dialogue. Car pour lui, seul le dialogue peut permettre aujourd’hui à la Guinée de sortir de cette crise qui n’a que trop duré.

«C’est vraiment dommage, moi je suis pour le dialogue, si vous vous souvenez en 96 quand j’ai été nommé premier ministre c’était en pleine grève, donc c’est en discutant avec les syndicats que nous avons obtenu un moratoire pour l’application des revendications qu’ils nous avaient soumis, je pense que quant on a une famille, vous avez de tout dans une famille, les familles africaines sont assez larges, le père de famille doit pouvoir trouver des solutions pour discuter avec tout le monde et garder la maison en paix, la Guinée a besoin actuellement de tranquillité si on veut vraiment aller de l’avant, quelle que soit la situation, le fait de rencontrer quelqu’un cela ne veut pas dire qu’on l’a adoubé ou qu’on l’a légitimer, cela veut dire tout simplement qu’en tant que responsable de la quiétude de la cité, de la tranquillité des investisseurs, on fait le nécessaire pour discuter avec tout le monde, quand on a fini de discuter, je crois que dans la bonne foi, personne ne peut s’arque-bouter sur des choses qui ne sont pas faisables, mais il suffit simplement de s’assurer que la confiance  peut renaître pour aller de l’avant, donc je continue à être un promoteur du dialogue.»

Quant à la légitimé ou non du syndicaliste Aboubacar Soumah en tant qu’interlocuteur face à l’Etat, Sidya Touré ne passe pas par quatre chemins.

«L’Etat est chargé comme je l’ai dis tantôt de créer des conditions d’apaisement nécessaire au développement des activités dans le pays, ce n’est pas une querelle de personnes, si quelqu’un qui n’a pas pris les armes a la capacité de mobiliser plus de mille personnes, vous parlez avec lui pour trouver des solutions d’apaisement, cela me semble vraiment élémentaire, donc un dialogue permanent doit être maintenu dans la société.  Ce n’et pas parce que quelqu’un n’est pas d’accord qu’on peut l’appeler un rebelle, dialoguer avec lui ne veut pas dire non plus que les revendications qui ont été faites seront satisfaites à 100%, mais cela veut dire que chacun est capable d’exposer ses arguments.»

Il reste à repérer que ce message tombe dans des oreilles attentives et que la Guinée va enfin sortir de cette crise qui prend des proportions inquiétantes.

 

in ledevoirguinee

No Comments