Société de gestion d’exploitation de l’aéroport de Conakry (SOGEAC) créée le 02 novembre 1987, est une société d’économie mixte regroupant l’Etat guinéen (51%) et des partenaires français, Aéroports de Paris Management (ADPM), l’agence française de développement (AFD) et la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux (CCIB).
Le scandale qui éclate à l’Aéroport International de Conakry avec les investissements faramineux de plusieurs milliards de nos francs sur fonds propres de l’Etat (2ème phase et meeting point) non justifiés, sans oublier la rénovation du salon VIP, évaluée à deux (2) milliards francs guinéens, met en nu des pratiques douteuses et obscures de la Direction Générale sous la coupe du Directeur Général Oulaban Baby Keïta. Les sommes en jeu, certes sont souvent énormes et dépassent parfois l’entendement de l’usager voire du travailleur lamda de la SOGEAC.

Les entreprises mises en concurrence sur des marchés aussi alléchants n’hésitent pas à faire des propositions indécentes aux responsables. La tentation est alors souvent très forte. Rassuré quant au secret de l’opération, malgré les juteux salaires de responsabilités, on peut difficilement refuser un petit cadeau de milliards de francs guinéens. Les entreprises généralement étrangères, usent et abusent ainsi de la corruption, transformant chaque jour des responsables, observateurs aux conseils d’administration, en larbins de plus en plus affamés. Dans le cas précis, nous communiquerons plus tard le nom des entreprises ciblées. Et dans les pratiques habituelles, les sommes qui changent de main sont généralement importantes au point d’arroser toute la chaine de contrôle. Tout le monde est servi : les ingénieurs de contrôle, les organismes de payement. Dans le cas d’espèces, nous nous arrêterons sur deux (2) étapes.

L’attribution du marché
C’est incontestablement la partie la plus juteuse. Ici, les entreprises ont rivalisé d’offre. Les montants sont astronomiques et oscillent généralement entre 3 et 10% du montant du marché pour les gros marchés et 5 à 20% pour les petits. A cette étape, on ne peut ignorer que le sommet du Ministère des transports et la Direction générale ne soient pas approchés. Les payements se font en deux (2) tranches : la plus grosse est payée par virement sur des comptes numérotés appartenant à des sociétés-écrans basées soit au Luxembourg, soit au Lichtenstein ou encore dans un paradis fiscal quelque part aux îles caïman. La 2ème tranche, moins importante est payée en cash dans les bureaux du fonctionnaire ou virée par petites tranches successives sur un compte personnel ou celui d’un de ses proches en qui il a confiance. Cette dernière tranche sert à assurer les petites gâteries locales, immédiates.

La Surfacturation des marchés
Lorsque l’enveloppe du marché n’est pas fixée dès le départ, les entreprises en profitent pour gonfler le prix des travaux. Les enveloppes sont parfois multipliées par 6 et même 10. Pour que cette opération se fasse sans problème, il faut arroser les bureaux d’études et les métreurs qui sont chargés de faire valider les prix. Il faut aussi mouiller la barbe du fonctionnaire qui doit l’entériner. Avec l’escroquerie trop apparente, il faut impliquer le décideur politique. Ceci étant, on parle même depuis 2011 d’une mercuriale en fonction des degrés de fonctionnaires à corrompre. Ce qui fait qu’on pousse le toupet jusqu’à pratiquer la double facturation, la première, fictive, destinée au compte qu’ils présentent aux sociétés mères et une autre la vraie qu’ils font payer à l’administration.
L’AEROPORT INTERNATIONAL DE CONAKRY, ‘’UNE REELLE VILLE’’ ?
Depuis 2011, le projet de rénovation de l’aérogare-modèle de Conakry est remis en selle. Des investissements qui se comptent presque en centai
nes de milliards. N’eût été Ebola, on aurait compté presque un million de passagers en 2015 et plus. Le Président de la République, le Professeur Alpha Condé, ayant à cœur de développer l’Aéroport International de Conakry, à l’instar des grandes escales internationales, a investi à fonds propres pour suivre la folle croissance du trafic. On parle de 70 milliards de francs guinéens, selon des estimations de l’Airport Council international (ACI) sorte d’ONU de la profession pour aménager les installations existantes.
DE NOUVEAUX ESPACES OU LE VOYAGEUR EST TRAITE COMME UN CLIENT
On constate une rupture dans le changement de décor pour les voyageurs : Business Centers Spacieux, Galeries marchandes richement approvisionnées et fast foods à Gogo, sans oublier les attractions toujours plus inattendues. Jadis, les infrastructures comptaient. Aujourd’hui, il faut inventer un nouveau style d’espaces urbains où les voyageurs sont traités comme des clients, conclut Paul Andreu, l’architecte de Roissy. Ceci étant, transformés en villes, les Aéroports vivent de moins en moins de l’activité aérienne. Fini, le temps où 85% des revenus provenaient des compagnies. A Conakry, on ne connaît pas les droits acquittés par les transporteurs, même si ceux des passagers sur un vol international ne représentent plus qu’un 1/3 des recettes.
La maintenance technique des appareils : ravitaillement en kerosene, nettoyage de la cabine, embarquement des repas, de plus en plus sous-traitée à des entreprises spécialisées, souffre de grotesques mesures arbitraires de la part de la Direction Générale ; le cas le plus flagrant est celui de Kerfala Kanté, fusible du Directeur Général, sans raison motivée, accusé injustement d’avoir ‘’Volé des bagages dans la soute’’ et même du carburant, avec des faux témoignages à l’appui et donc le Directeur des ressources humaines Condé, s’était opposé après une suspension de trois (3) mois et qui est soumis à un licenciement arbitraire comme Hawanatou Daffé, Bah Ramata, deux (2) jolies dames innocentes et joviales, sanctionnées pour avoir manqué aux festivités du 08 mars 2015. Pour faire face à la diminution de ressources traditionnelles, on a eu recours à d’autres services : Galeries marchandes, centres d’affaires. Pis, les travailleurs déplorent l’utilisation des matériels aéroportuaires (camions, pompiers) à des fins personnelles du Directeur Général (Arrosage de routes proches du domicile privé, 2 fois par jour depuis plus de trois (3) ans) alors que le règlement interdit l’éloignement de ces derniers à 300 mètres de leur point stratégique (convention de l’organisation de l’aviation civile internationale).
RECRUTEMENT A TOUR DE BRAS
La logique de service public aidant, les spécialistes reprochent à la Direction Générale, le recrutement sans annonces dans les journaux de cadres sans réelles compétences avérées, juste à la solde des responsables pour souiller la cause syndicale.
PAS TRES BON GARS, BON GARS, SELON LE COLLECTIF SYNDICAL
Le Directeur Général oulaban Baby Keïta tient selon les syndicats, toutes tendances confondues à garder la main mise sur son lucratif poste. Une réussite qui ne se montre pas sans bilan opaque. Il dirige un groupe de 300 travailleurs ; Mr Oulaban semble être un homme sec qui préfère l’ombre à la lumière et attention il n’aime pas du tout les critiques. Il verse des salaires confortables, mais il faut lui être dévoué, il distribue les bons et mauvais points parmi ses collaborateurs, les contrôle. C’est pourquoi le collectif des délégués syndicaux à la Direction Générale, le 27 Décembre 2016 précise : « La SOGEAC est devenue plus qu’une société de service de renseignement et la Direction Générale ne cherche qu’à faire tourner à rond le syndicat pour la résolution des problèmes des travailleurs ». Côté largesses pécuniaires, le Directeur Général utilise maintenant des prêts contre les avancements automatiques ou la grille salariale. Oulaban s’est tissé même un sacré réseau à coups de diners en ville et reconnaissances sonnantes et trébuchantes avec l’inspection générale du travail. Et ses précieux amis ne font pas preuve d’ingratitude, en retour au contraire. ‘’On n’oublie pas les taureaux immolés à l’Aéroport international au prétexte que c’était un ordre du haut lieu’’ après les pérégrinations intempestives au Burkina Faso.
LE PREAVIS DE GREVE PLANTE LA DIRECTION GENERALE
Les responsables de la SOGEAC le 10 janvier 2017 ont fait savoir aux médias, à la maison de la presse, qu’à la suite d’une rencontre tri partite, inspection générale du travail, inter centrale syndicale CNTG-USTG et Direction Générale de la SOGEAC, le préavis de grève a été retiré. Or, le préavis de grève en question a été déjà déposé le 03 janvier 2017. Cela ne faisait plus partie de l’ordre du jour discuté à la Direction Générale. Le Secrétaire Général, Mamadou DIan benthé Diallo s’inscrit en faux devant ses collègues, Mamadi NounKoria kaba, secrétaire administratif adjoint, Mohamed Maciré Camara, secrétaire Général SICASS, Ousmane Diallo, Secrétaire Administratif USTG, le samedi, 13 janvier 2017. C’est une information cruciale. Ce raisonnement prouve que la Direction Générale dissimule la vérité en prétendant que le préavis de grève a été retiré immédiatement. Les documents en font foi. Mais le conseiller juridique n’a pas nié l’évidence devant les médias. Voilà, tout l’enjeu capital de la bataille juridico-syndicale en cours, laquelle doit déterminer qui est responsable. Et donc, qui assumera le droit des travailleurs… Et on déplore le fait que l’inspection générale du travail ait rendu un avis officiel totalement caviardé : rien sur la nocivité sociale de la Direction Générale de la SOGEAC. Oubliée l’alerte sonnée dans le document de préavis de grève. Pourtant, Alya Camara, l’inspecteur Général du travail s’est empressé de ne rien faire, de ne pas revoir le taux d’avancement automatique de 2011 à 2016. Mohamed Kourouma, Inspecteur chargé des relations professionnelles, El Hadj Ibrahima Sory Doumbouya, surtout que Monsieur Diaby M’Bemba, Conseiller principal veut terminer son bâtiment et engagé sa fille à la SOGEAC, ce qui fait que le dossier social de la SOGEAC ne présente plus d’intérêt pour eux.
LA SOGEAC AU DECLINISME SOCIAL
Ecoutons le Fonds Monétaire International (FMI) peut suspect le complaisance. Dans son dernier tour d’horizon, celui-ci reconnaît que la Guinée a plus changé depuis 2011 que cela n’est généralement perçu. Et de saluer les reformes des retraites, de l’assurance maladie qui ont contribué à remettre les finances publiques sur de bons rails mais c’est encore largement insuffisant, et beaucoup reste à entreprendre, notamment l’Aéroport International pour financer le modèle social dans la durée et faire face aux nouveaux défis. Mais le déclin ou l’immobilisme, il n’en est pas question ; c’est le slogan du collectif syndical de la SOGEAC. Les déclinologues mettent en avant d’autres signes du mal social à la SOGEAC : difficultés d’intégration révélées par la crise de confiance entre la Direction Générale et le collectif Syndical de la SOGEAC. Des difficultés réelles : et la presse stupéfiée que depuis ce mal social perdure. Contrairement à l’aérogare modèle d’Amsterdam – Shipol où dans le terminal de KLM, les bornes enregistrent automatiquement les passagers sans les bagages, on peut dire que l’Aéroport International a une bonne image et une rentabilité quasi opaque puisque les comptes ne sont pas publiés. Le management de la SOGEAC n’eût été Ebola, l’aurait même pu introduire en Bourse. Au finish, l’élargissement de plusieurs satellites, le doublement des tapis roulants ou encore le système de tri de bagages souterrains ont fini de transformer l’aérogare en modèle de la sous-région. Les horaires sont plutôt respectés (10% des vols ont plus d’un 1/4 heures de retard, moitié moins qu’ailleurs). Devant tant de déboires, on s’étonne que le conseil d’administration n’ait pas accordé de sursis à la Direction Générale en 2016, pour refaire une santé sociale. Le Directeur Général, autoritaire et acceptant mal la contradiction, peut Friand des médias, a fait le vide devant les travailleurs. Ceci fût net le 08 juillet 2016, « La démission virtuelle du Directeur Général » qui proposa séance tenante, la mise en place d’un comité de sages en lieu et place de la responsabilité des cadres : ce qui dénote que la Direction Générale veut superviser trop de métiers au lieu de se concentrer sur la stratégie. Le préavis de grève pour les entreprises publiques ou privées assujetties au code du travail, est simplement un moyen de lutte privilégié de salariés qui ont la possibilité de bloquer les avions pour se faire entendre. Normalement, il aurait été mieux que la Direction Générale parvienne à un accord global avec le collège des syndicats de l’Aéroport, le plus large possible afin de laisser le champ libre aux négociations salariales obligatoires.
SALAIRE ET REFORME MACRO ECONOMIQUE
A la SOGEAC, alors que les salaires nominaux ne sont pas augmentés, pour éviter l’érosion de salaires réels, les produits importés représentent une part importante des biens de consommation face à la dévaluation de la monnaie. Il est aujourd’hui à la mode de calculer ce qu’on appelle le NAIRU (taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation) dans le jargon du travail. Le NAIRU est le taux de chômage qui maintient le taux d’inflation à un certain niveau, par exemple au taux d’inflation cible faible. Plus une politique des salaires fonctionnent bien, moins le NAIRU sera élevé. La politique salariale est essentiellement décidée par les syndicats et non par le comité d’entreprise. La capacité des employeurs et des comités d’entreprises d’adopter des dispositions collectives légales au niveau des sociétés ou entreprises est soumise au règlement des conventions collectives au niveau du secteur. On apprécie la capacité élevée des partenaires sociaux, surtout du collectif des syndicats de l’Aéroport, de résoudre les problèmes avec la rareté des grèves : car la durée d’immobilisation annuelle d’une grève (tous les employés compris) peut coûter cher aux usagers de l’Aéroport, contrairement aux autres pays. Le fait que le travail syndical se place sur la défensive en raison de la politique de limitation du partenariat social de la Direction Générale est inquiétant. L’Administration centrale tente d’ébranler le système de partenariat social, qui reste, en réalité très solide. Et les tensions entre la Direction Générale et les syndicats se sont accrues. Il est donc important de se pencher sur un nouveau cadran catégoriel et de la nouvelle grille salariale, soumis à un comité qui a réfléchi pendant 14 mois. Mais le Directeur Général a eu tout le temps de passer ses dossiers à la broyeuse ; mais les sorties et les relations influentes, avec ses détectives munis de plus de 15 téléphones, histoire d’être sûr de parier sur de bons chevaux, même s’il commande à ses collaborateurs, un rapport sur les relations cordiales avec les syndicats de la SOGEAC, ne rassurent point. On ne peut comprendre l’empilement de mesures par la Direction Générale et les suspensions arbitraires allant jusqu’au licenciement en brûlant les étapes. Il serait intéressant de faire recours à la négociation professionnelle obligatoire et de rétablir dans leurs droits tous ceux qui ont été brimés, à commencer par les 8 pompiers et les 4 vigiles relaxés par la justice pour fausse accusation de vol de véhicule Ebola, les 3 jeunes pour la disparition de 4565 litres de carburants alors que chaque Vendredi, 4 fûts de carburants sont octroyés à la Direction Générale à leurs amis ou copines. On déplore à cet effet le faux témoignage d’un certain béret rouge, Razack, détaché de la sécurité présidentielle qui aurait reçu en contrepartie une voiture et 15 millions de francs guinéens selon des sources dignes de foi. Dommage qu’on suspend pour 3 mois un agent qui serait à 100 mètres de la zone fumeur ou un autre employé qui se met en l’aise derrière les latrines et qui écope de 3 mois de suspension. Les sanctions pécuniaires ou la suppression de la prime d’assiduité ne respectent aucune norme disciplinaire. Le droit de grève et d’association syndicale étant reconnus par la constitution, il est maladroit de refuser la tenue des rassemblements voire fermer le bureau syndical après avoir changé la serrure et refuser le droit de carburant alloué à la gestion sociale des travailleurs. Il est aussi surprenant que des analphabètes et incompétents soient nommés aux matériels aéroportuaires d’une valeur égale à 12 mille euros, comme Bountou Sylla, Camara Abdoulaye, Biro Ousmane Bah. En outre, on s’étonne que le conseiller juridique pourtant chargé par les dossiers juridiques se donne à cœur joie pour jouer le rôle de pompiste de carburant ou de distributeur de gilets d’accès. Seulement, on regrette que la SOGEAC devienne la poubelle des filles aux mœurs légères de la Direction Générale. Là, on peut craindre que la vie privée soit en péril à la SOGEAC avec les multiples cas d’oppositions entre les syndicats et la Direction Générale. On aurait souhaité que la cure de jouvence voulue par le Président de la République soit la crème sociale. Et que les travailleurs soient enfin satisfaits de ce choix et non plus des choix imposés de Paris même si c’est le Président du conseil d’administration PCA et le Directeur Financier, de surcroît français qui siègent au conseil d’administration à Paris. Que devient la souveraineté de la Guinée ? Pendant combien de temps la Guinée va-t-elle s’arcbouter sur l’arsenal financier sans audit, géré par l’ex Directeur Général, Pierre Vieillet et Abdoulaye Camara ?

A suivre
Aminata Doré
Pour radio kankan

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