November 18, 2017

Récemment, notre rédaction a pris langue avec la Direction préfectorale de l’éducation de Coyah. Histoire de comprendre quelques réalités du système éducatif de cette préfecture sise à 50 kilomètres de Conakry. Voici quelques réalités sur le terrain, comme nous explique  le chef section pédagogique de la DPE de Coyah, M. Tênin Mady Kaba, adjoint de Mme la DPE.

«A ce jour, je peux affirmer qu’il n’y a ni violences ni même des cas de viols dans nos établissements scolaires de Coyah», dixit M. Tênin Mady Kaba, chef section pédagogique de la DPE de Coyah.

 Radio-kankan: Monsieur le directeur, merci de nous recevoir dans vos locaux. Voulez-vous vous faire connaitre à des milliers de nos éditeurs et nos lecteurs ?

Moi, je suis Tênin Mady Kaba, chef section pédagogique de la DPE de Coyah.

  1. Kaba, il y a quelques mois s’effectuait la rentrée scolaire sur toute l’étendue du territoire national. Depuis ce jour, quel est le premier constat que vous avez fait au niveau de votre préfecture ?
  1. Kaba : Depuis le 4 et 5 septembre 2017, tous les cadres de l’éducation avait été conviés à une réunion, au niveau du cabinet et des structures déconcentrées pour préparer la rentrée scolaire 2017/2018. Suite à cette rencontre, il y a eu beaucoup de recommandations importantes. Cette réunion au retour de Kindia, avait été multipliée au niveau des cadres de la DPE de Coyah, où toutes les grandes recommandations avaient été mises à la disposition de tous les cadres de l’éducation de la préfecture et d’autres secteurs. C’est ainsi entre autre on a évoqué l’ouverture des classes, qui a été effective à Coyah. Et dès les premiers jours, on a enregistré la présence de tout le corps enseignant et une forte mobilisation des élèves. L’atmosphère s’est passée dans de très bonnes conditions.  C’est vrai qu’il y a eu un peu de réticence au niveau de certains élèves, mais à partir du lundi qui a suivi presque les 90% avaient répondu présents dans les classes. Et depuis là, la fréquentation est presque au top. En plus, comme constat de quelques recommandations, on a parlé de remplacement des Dps-Dpse, qui donnent beaucoup plus de valeur.  Par ces actes à la base, actuellement les acteurs sont en train de faire leur preuve sur le terrain.   Et aussi, la division de la section pédagogique à deux sections. Il s’agit là de l’enseignement fondamental et de la section pédagogique de l’enseignement général et technique. Je crois, que c’est pour mieux dynamiser davantage. Toutes ces informations avaient été également portées à la connaissance de tous les acteurs de l’éducation. Et à l’heure qu’il fait, cela se passe dans les meilleures conditions. Et qu’est-ce que je peux ajouter à cela, c’est que par rapport aux autre années, il y a eu une prise de conscience surtout au niveau des élèves qui accusaient de grands retards. J’avoue aussi qu’autour du mât pour la montée des couleurs, il y a une forte présence des élèves. Nous avons aussi nos structures qui passent souvent dans les écoles pour nous remonter des informations. Donc, c’est le constat pour le moment à Coyah.

Mais malgré tout, vous enregistrez quand même quelques anomalies dans vos activités ?

Je crois que, les sensibilisations qu’on continue encore à faire au niveau de la radio locale, les mosquées, les églises et au niveau même des élèves,   ont porté leurs fruits. Il est vrai qu’on est avec une Dame directrice qui considère tous les enfants comme ses propres fils. A ce jour, je peux affirmer qu’il n’y a ni violences ni même des cas de viols dans nos établissements scolaires de Coyah.

Aujourd’hui, dans de nombreuses localités de notre pays, on constate un manque criard de personnel enseignant, est-ce que c’est le cas ici à Coyah ? 

D’abord, je tiens à remercier le président de la république, Pr Alpha Condé, son gouvernement d’avoir pensé au recrutement des enseignants pour combler ce vide. Mais il y a encore des efforts à fournir. Mais avant, si on était consulté à la base, On aurait demandé de diminuer le recrutement au secondaire dans certaines disciplines telles que l’histoire ou l’économie où Conakry a en abondance. Tandis qu’à Coyah, on manque des enseignants en mathématique, en physique et en français. Mais avec nos initiatives locales, on se bat comme on peut afin que ces cours passent dans toutes les classes sans grandes difficultés. En ce qui concerne les zones rurales, il y a toujours des difficultés puisque les enseignants ont un grand problème à s’adapter. Dans ces zones rurales, les conditions ne sont pas aisées dans l‘ensemble. C’est pourquoi,  beaucoup d’enseignants évoquent souvent des cas de maladies pour échapper à ces affectations. Ce qu’on peut dire au gouvernement, qui a fait déjà assez d’efforts, c’est de prendre en compte des primes dans ces zones rurales. Nous pensons qu’en accordant ces primes aux enseignants affectés dans ces zones, cela encouragerait d’autres davantage.

  1. le chef section pédagogique de la direction préfectorale de l’éducation de Coyah, que diriez-vous de la parité fille-garçon dans les établissements scolaires de Coyah ?

J

e crois que à Coyah, s’il y a une réussite, c’est bien dans ce domaine. Presque, je dis bien presqu’on est à 50% de cas dans de nombreux centres. Et par endroits, les filles sont même plus nombreuses que les garçons.

Expliquez-nous à présent, quelles sont les difficultés auxquelles sont confrontées les écoles publiques et privées de Coyah ?

Il faut dire qu’avec la population galopante de Coyah, il y  a assez d’infrastructures scolaires privées. Et je profite de l’occasion pour remercier très sincèrement, les fondateurs de ces écoles privées qui ont fourni assez d’efforts dans ce sens.

Mais au niveau du publique, il y a encore de la pléthore. Et malgré la double vacation, dans certaines classes, on enregistre plus d’une centaine d’élèves, cela est très difficile pour un enseignant à produire un résultat. C’est pourquoi, nous tendons encore la main au gouvernement de M. le Premier MamadyYoulah, à fournir davantage d’efforts dans la construction des infrastructures scolaires publiques. Et, même si c’est 70 élèves par classe, ce n’est pas mauvais. Sinon, l’évaluation prendra un coup dur pour le personnel enseignant.

Tissez-vous de bons rapports entre les parents et amis de l’école et votre direction dans votre localité ?

Je dirais que le rapport est très bon, et nous sommes en synergie avec eux. A l’ouverture des classes, la Feguipa avait fait un déplacement à Coyah, pour procéder à l’élection de la coordination préfectorale des amis et parents d’élèves de la préfecture. Et à présent, on a un groupe de jeunes cadres, plein d’initiatives qu’on a comme collaborateur ou partenaire. A l’heure qu’il fait, nous travaillons la main dans la main. Nous sommes associés à toutes les activités y compris la centrale syndicale et l’inter syndical, c‘était l’une des recommandations du ministre KK2.

  1. le directeur, malgré votre dynamisme, cela n’empêche cependant pas que vous ayez assez de difficultés dans la gestion des ressources humaines ?

Je suis conscient que la gestion humaine, est très délicate. Mais une fois de plus, ce n’est pas pour flatter Mme la directrice. C’est une brave Dame, qui a un flair dans la gestion humaine. Je ne peux pas cacher, cette réalité. Par endroits, on nous affecte des enseignants qui n’ont pas de niveau requis, et ce genre de chose va influencer sur le niveau des enfants. Mais depuis le début des vacances passées, la DPE de Coyah a organisé des sessions de formation sans aucun frais à leur niveau. C’est vrai que c’est le Département de l’éducation qui a franchi le pas. Mais après, nous avons pris le relais et depuis, notre structure de formation continue à s’affirmer. Il en est ainsi pour les chefs d’établissements et les directeurs des écoles élémentaires, bien sûr avec les nouveaux textes et suivant les nouvelles réformes.

Félicitation à Mme la directrice préfectorale de l’éducation de Coyah. Avez-vous un mot de la fin ?

C’est d’abord remercier nos partenaires des médias, qui ne ménagent aucuns efforts pour informer les populations guinéennes sur la situation de l’éducation en Guinée. Qu’en soit vivement remercié aussi le gouvernement de MamadyYoulah, qui se bat pour le bonheur du système éducatif guinéen à travers des innovations, et à travers des formations continues.

Merci à vous !

Mohamed Sylla pour radio-kankan

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