CYBER SECURITE : LES JOURNALISTES PRIVES NE SONT PAS DES COBAYES ! | Radio-kankan
September 17, 2019

LA PRESSE PRIVEE FRANCHIT LA LIGNE DE DEMARCATION

Au prétexte de corriger les déviances, voilà des médias privés, placés comme des animaux en cage, sous haute surveillance pour mieux prédire leurs conduites futures. La presse privée confirme sa mission originelle : transmettre, éveiller,….. Une décision déterministe et sécuritaire.

Au rancard, émissions chocs, paillettes chics causeries internet : voilà le retour des médias privés le Lundi 26 Août 2019 devant le siège de l’Autorité de Régulation, la Haute Autorité de Communication où la Présidente, Martine Condé était absente. Un retour, il est vrai, qui a pour mission d’éveiller, de transmettre, et parfois de déranger.

Pauvres journalistes privés, à force de les observer, de les jauger, de les évaluer, de vouloir dépister leurs troubles, ils vont finir par étouffer. D’où vient cette manie de les scruter comme des oiseaux en cage ? Peut-être à la phrénologie de Franz Josef Gall (1758-1828) qui avait pour ambition de déduire le caractère d’un homme de la forme de son crâne. Elle se poursuit de nos jours avec la tentation de vouloir biologiser les comportements des adultes, prédire les conduites des êtres et les frapper tous d’un déterminisme implacable. Le nombre de recherches sur les bases neuronales de la morale et du comportement antisocial ne cesse d’augmenter. Elles tentent de nous faire accroire que l’instant meurtrier, les troubles de l’humeur, l’hyperactivité, le manque d’attention sont pour une part essentielle d’origine génétique, et qu’il serait vain de chercher la cause ailleurs que dans l’hérédité ou le fonctionnement du cerveau. Le médecin Allemand s’employait à déceler les aptitudes mentales dans les bosses du crâne, des experts en neurobiologie ou sciences cognitives tentent aujourd’hui de les repérer dans les gênes, neurones, troubles infantiles même. Ce progrès n’est qu’apparent ; il participe d’une même démarche intellectuelle visant à réduire le mental au cérébral et à confondre l’apprentissage avec le conditionnement psychique. Ce n’est pas une raison pour se défier de la science mais il y a de quoi s’inquiéter. Lorsque de savants esprits en viennent à convoquer la gêne de la criminalité, pour expliquer un forfait, un fait journalistique ou prétendent dépister chez les journalistes, des troubles de comportement susceptibles d’évoluer vers la délinquance, la criminalité, il convient d’être attentif aux ruses de la prédiction. Forts de la marche des médias privés le 26 Août 2019 devant le siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC), les journalistes privés ont contraint le Gouvernement du Premier Ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana à renoncer aux contrôles judiciaires du Doyen Thierno Souleymane Diallo, PDG de Lynx Fm et de Aboubacar Diallo, DG de Lynx Fm, même si de nouvelles méthodes pour les expertises en cyber criminalité ne sont pas encore prévues par la loi. Malheureusement, cette loi selon les spécialistes, fait la part belle à la notion ‘’de sensibilisation’’ et ‘’participe d’une tentative de normalisation des comportements par la recherche de l’effet combiné de la contrainte et de l’inculcation des valeurs’’. Toutefois, l’intention de corriger les déviances est louable, à condition qu’elle ne s’appuie pas sur des présupposés naturalistes faisant du psychisme le support d’informations biologiques commandant l’action. Or sur ce point, les radicaux de la prévention n’ont pas tourné casaque. La précipitation pédagogique et adaptive s’est imposée dans de nombreux secteurs de la sécurité. Et les promoteurs du dépistage doivent améliorer leurs outils, en ce qui concerne les médias. Au lieu de donner du temps au temps, nombre de programmes de sécurité parfois se satisfont d’un zèle préventif qui frise le contrôle social exacerbé.

PROTEGER LE TEMPS DE L’INFORMATION
Le forçage sécuritaire précoce conduit à une impasse. Il emprisonne les journalistes dans une crainte de l’avenir, une peur diffuse qui rend impossible la valorisation du présent. Une leçon de bon sens est trop souvent oubliée. Car, à trop anticiper le futur, à trop s’appuyer sur ‘’les indicateurs de risques’’, le contrôle social finit par prendre le dessus. Comme si, du risque au danger, la voie était statistiquement avérée.
Don de Dieu Agossou

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