«Laisser la population choisir son propre représentant, de ne pas influencer les gens parce que vous êtes du parti au pouvoir », dixit le candidat de Coyah, El Hadj Momo Bangoura

Après le lancement officiel des élections communales et communautaires le candidat indépendant de Coyah centre, El Hadj Momo Bangoura, a mandaté le représentant de son parti de détailler les problèmes auxquels ils sont confrontés.

RKK : Présentez-vous s’il vous plait à nos chers lecteurs et lectrices ?

CI : Moi, c’est monsieur Sékou Oumar. Je suis le représentant du parti indépendant aux Elections communales, à la Commune urbaine de Coyah prévues le 04 février 2018.

Peut-on savoir ce qui vous a motivé d’être candidat indépendant ici, à Coyah ?

Tu sais que mes motivations sont un peu énormes pour résumer ce point, nous avons vu ensemble que c’est avec la liste indépendante que la jeunesse pouvait avoir une voix. C’est-à-dire une occasion de s’inscrire pour discuter des problèmes de la commune. Parce qu’on a vu aussi les partis politiques qui ne considèrent pas la voix féminine, c’est-à-dire au niveau de la jeunesse et ensuite avec les femmes. Nous avons constaté que même la loi ne recommande que 30% des femmes, mais on vu qu’aucun parti politique n’a respecté ça. Et nous avons jugé nécessaire, en tant que liste indépendante, qu’il y aura beaucoup de jeunes et j’avoue aussi que sur les 29 proposés sur la liste indépendante, il n’y a qu’un seul candidat qui a une cinquantaine d’année, le reste sont des jeunes dont l’âge varie entre 20, 40 et jusqu’à 45 ans.

 Chaque métier, il y a des difficultés à rencontrer, s’il y en a parlons-en ?

Il est vrai que nous avons rencontré beaucoup de difficultés, qui sont un peu partout. Quand vous prenez d’abord au niveau de l’Administration, on a été beaucoup menacé. De l’administration politique et celle de la préfecture, en commençant par M. le Préfet qui a eu l’accès à la liste qu’on a déposé à la CPI.  Il a relevé tous les contacts téléphoniques de nos cadres qui sont dans la fonction publique en les proférant menaces ou en promettant de les muter à des endroits éloignés de la capitale. Ça c’est quelque chose vraiment qu’on n’a pas approuvé. La liste est secrète, donc une affaire qui reste entre le Parti et la CPI. Mais le préfet,  les secrétaires généraux et voire même les représentants du RPG Arc-en-ciel ont eu accès à notre liste. Conséquence, nombre de nos militants et quelques cadres qui travail à la préfecture, ont fini par démissionner sur notre liste.  Ça, c’est une première difficulté.

La deuxième difficulté, c’est toujours au niveau des hauts cadres de l’Etat, soi- disant ministres, et qui sont ressortissants de Coyah. Ces personnalités viennent souvent à Coyah pour brandir leurs menaces tout en nous racontant de  n’importe quoi. Donc pratiquement, cet état de fait à beaucoup impacté sur notre candidature à Coyah. Mais qu’à cela ne tienne, nous sommes sur notre voie et la population a demandé à ce qu’on reste sur la liste indépendante, pour ne pas qu’on soit secoué. Voilà les quelques difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Monsieur Cissé, malgré toutes ces difficultés, hier on a vu un monde plein de jeunes qui s’est mobilisé dans la rue de Coyah, histoire d’exprimer leur soutien à votre candidature. Quelle est votre impression et remarque en tant que candidat indépendant ici, à Coyah ?

Mes impressions sont bonnes, malheureusement hier même nous sommes sortis un premier temps pour informer les guinéens. C’est le samedi, 17 Janvier dernier, qu’on nous a informé de la même situation et ensuite, sur le champ, nous avons essayé de sortir parce que c’est un calendrier qui nous a été imposé et on nous a dit que forcement, le lancement de la campagne de la liste indépendante sera fait le lendemain. Sur le coup, nous nous sommes dit que vouloir refuser cela, c’est donner l’occasion à l’administration de sévir contre nous.  Donc, c’est ainsi que de bouche à oreille,  nos militants des différents quartiers ont té suffisamment informés. C’est ainsi qu’on a réussi une mobilisation, mais aussi un carnaval qui a fait le tour des différents quartiers. Un signe que la campagne est lancée, et que dans les prochains jours, ce sera au tour des meetings.

 La sortie d’hier, qu’est-ce que cela veut-dire ?

C’était une journée spéciale pour la liste indépendante. On a accordé une journée pour chaque parti. C’était notre premier jour, la première journée il fallait mobiliser et dire aux gens qu’effectivement nous existons parce qu’il y a eu des rumeurs qui circulaient comme quoi, on a démissionné. Pour prouver aux gens que la liste indépendante reste et demeure. On  a mobilisé tout le monde pour venir écouter nos projets de société sans commentaires.

En tant que Candidat, quels seront vos projets et perspectives lorsque vous serez élu maire de la Commune urbaine de Coyah ?

Nous avons des perspectives, par exemple, on a touché à tous les secteurs, mais principalement, le secteur éducatif et le secteur sanitaire reste nos priorités pharse. Nous avons jugé nécessaire, quand nous seront à la tête de la Commune de Coyah, que les dix-neuf (19) quartiers de Coyah soient dotés d’infrastructures de base. Parce qu’il y a un manque d’écoles primaires publiques. Pour nous, même si nous faisons trois (3) salles de classes, C’est déjà un pas. Il y a des quartiers aussi qui n’ont pas de postes de santé et de centres de santé, et c’est pourquoi nous avons fait l’éducation et la santé comme priorité. En somme, c’est de doter tous les quartiers de Coyah en postes de santé et des écoles du primaire, même de trois (3) classes pour un premier temps.

Quel regard critique portez-vous sur la distribution des cartes d’électeurs, et comment vous avez pu sensibiliser vos militants pour qu’ils votent massivement ?

Ça c’est déjà un problème criard, la distribution était un peu lente au départ à Coyah, mais heureusement pour nous, nous sommes en contact direct avec la CPI. Quand nous constatons un manquement quelque part, nous informons directement la CPI qui est à notre disposition et qui prend des dispositions par rapport à ça.  La distribution, elle est encore lente, le constat est clair. Quand c’est un élément du RPG-Arc-en-ciel qui vient, on peut lui donner plusieurs cartes d’électeurs, mais à notre tour il y a beaucoup de questions qui se posent. Même si tu connais des gens qui n’ont pas reçu leurs cartes dans le quartier, on ne vous donnera pas à leur insu, même si c’est ton père qui est malade et à la maison, on te le refusera parce que tu n’es pas membre du RPG arc-en-ciel. Et même en présentant l’ancienne carte d’électeur avec la photo, on refuse parfois de vous livrer la nouvelle carte d’électeur. Par contre, si c’est un militant du RPG-Arc-en-ciel,  on peut lui donner 20 à 30 cartes d’électeurs.

Nous sommes au terme de notre entretient, pour une élection libre et apaisée, quel message avez-vous à lancer à l’endroit de la population guinéenne et l’autorité en place en guise de conseil ?

Tout ce que je peux demander, d’abord à l’autorité, c’est de laisser la population choisir son propre représentant, de ne pas influencer les gens parce que vous êtes du parti au pouvoir. La loi guinéenne ne condamne pas un parti au pouvoir de ne pas présenter un candidat aux élections communales. Le problème qui se pose, c’est comment avoir l’homme intègre, sincère, un homme qu’il faut à la tête de la commune que nous recherchons. L’autorité doit comprendre que cette élection, ce n’est ni pour le pouvoir, ni pour l’opposition, c’est purement locale, communale et communautaire. Donc laisser libre la population de choisir son propre représentant. Mais si tel n’est pas le cas, cela va impacter et intimider les électeurs à faire mauvais choix. Pourtant, c’est la seule occasion pour la population de faire un bon choix, parce que nous choisissons les personnes qu’il faut à la place qu’il faut, et qui méritent d’être là. Si tel n’est pas le cas, donc on dira que la population n’a pas fait un bon choix. Ça c’est au compte de l’autorité.

Quant à la population, tout ce que je peux dire, c’est d’être serein, de privilégier d’abord la nation, privilégier Coyah pour qu’il ait la paix. S’il n’y a pas la paix dans la cité, on ne peut rien faire.

Propos recueillis par Md, envoyé spécial de RKK à Coyah

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