December 14, 2017

C’est le thème qui réunit à Bobo Dioulasso du 17 au 21 juillet 2017, plus de 22 parlementaires et 10 élus locaux, dont l’objectif est de renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles de ceux-ci, en vue de leur outiller davantage pour une meilleure connaissance du nouveau code minier Burkinabé. Ainsi la cérémonie d’ouverture, a été rehaussée par la présence du Gouverneur de la région des Hauts Bassins Antoine Atiou, le Président du Conseil Régional Célestin Boyo Koussoubé, le Maire de la commune de Bobo Dioulasso Boureima Sanou-ainsi que devant le représentant du Centre pour la Gouvernance Démocratique Thomas Ouedraogo.Egalement on notait la présence des représentants de la Banque Mondiale et des cadres du Ministère des Mines et Carrières.

En la cérémonie d’ouverture, le directeur du cabinet du dit ministère Thiambiado Lamourdia représentant le ministre, a souhaité la bienvenue aux participants à cet atelier d’une semaine, dont l’objectif selon lui, est de passer en revue les nouvelles dispositions institutionnelles régissant les activités minières au Burkina Faso. Pour lui, le pays était longtemps considéré comme un pays à vocation agricole, mais aujourd’hui possède un potentiel minier diversifié, dont les recherches ont commencé depuis les années 1979,d’où la création de Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina ( BUMIGEB), et la mise en place de cette structure ont permis de mettre en
évidence de nombreux indices de substance notamment, l’or, manganèse, le diamant, le cuivre, le zinc, le plomb, le nickel, l’antimoine…. « En vue de la valorisation des dires substances, le pays a engagé des reformes, qui ont favorisé l’obtention, en février 2013, de la conformité à la norme de l’initiative pour la transparence dans le
secteur minier (ITIE) ; cela a permis par ailleurs le développement d’un partenariat Public-Privé, qui aujourd’hui connait un réel succès avec la réalisation d’investissements entre 2000 et 2016, pour l’exploration et la construction des mines, à hauteur de 2,4 milliards de dollars américains soit l’équivalent d’environ 1200 milliards de FCFA… », Souligne Lamourdia. Une occasion pour lui de rappeler aux participants, qu’un nouveau code minier adopté en juin 2015, pour remplacer celui de 2003, avec d’importantes innovations notamment, Prise en compte des directives des organisations sous régionale et africaine en matière de politique minière commune, le renforcement des mesures de protection de l’environnement, le renforcement de la contribution des mines au développement des communautés locales, et le renforcement de la recherche géologique et minière.

Par ailleurs, il a tenu à rappeler qu’au 31 décembre 2016, plus de 1000 autorisations et titres miniers sont valides et dix mines industrielles d’or et une de zinc, sont en production industrielle. « Au plan de la production d’or, celle-ci, est en constante augmentation et atteint 40 tonnes d’or en 2016, ce qui fait de l’or,
le premier produit d’exportation du Burkina en termes de recettes depuis 2009… », Indique le directeur du cabinet du ministère des Mines et carrières. Avant de rappeler que ces activités minières ont créé plus de 10.000 emplois permanents et environ plus d’un million de personnes s’adonnent désormais aux activités dans l’exploitation
artisanale de l’or ou de l’orpaillage.

En effet, selon lui, et face à cet engouement, le gouvernement avec l’appui de la banque mondiale, a mis en œuvre depuis 2012, le projet d’appui au développement du secteur minier (PADSEM), dont l’un des objectifs est le renforcement des capacités de ressources humaines pour une gestion durable du secteur minier. C’est ainsi qu’il a tenu à remercier le Centre Pour la Gouvernance Démocratique, pour cette initiative que son gouvernement apprécie à
juste titre, et qui est objet de ce présent atelier, qui s’agit de traiter au profit des élus et de membres des corps de contrôle, des divers thèmes sur les mécanismes de participation, de consultations de responsabilité, de transparence et de rédevabilité pour une meilleure gouvernance dans le secteur.

Pour sa part, l’Honorable Leons Sanou Président du Réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minières, à souhaiter également la bienvenue aux participants et invités, avant de se réjouir de la tenue de cet atelier qui vise à renforcer les capacités institutionnelles des élus locaux et parlementaires sur la gestion des ressources minières au Burkina Faso. Ainsi en tant qu’élu du peuple, s’est félicité de cette nouvelle loi, qui selon lui, est un instrument qui vise à promouvoir un secteur minier au service de développement économique et social durable du pays. C’est pourquoi, il a tenu à souligner que ce nouveau code minier est considéré par beaucoup d’experts comme l’un des plus attractifs et progressistes de la sous-région ouest africaine ; parce que prenant en compte beaucoup d’éléments issus de la vision minière africaine
adoptée par des chefs d’Etats et gouvernements de l’Union Africaine en février 2009 à Addis Abeba.

« Cette vision constitue la réponse des ministres africains au paradoxe de vivre dans un continent où se situe d’immenses richesses naturelles, mais dans une pauvreté envahissante et de grandes disparités. C’est une approche novatrice en ce qu’elle va au-delà de l’amélioration des régimes miniers nationaux pour déterminer comment l’exploitation peut contribuer certainement au développement local national régional…. », Indique le président du réseau des parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minières. Avant de rappeler qu’au sein de la CEDEAO, une directive a été également adoptée pour permettre aux Etats et aux populations de tirer
profit de l’exploitation des ressources minières à travers la mise en place de la bonne gouvernance au plan socio-économique et continental.

Par ailleurs, Selon lui, sur le plan national le pays dispose d’une politique sectorielle des mines, qui est un instrument majeur de mise œuvre des stratégies de croissance économique et de réduction de la pauvreté, et elle constitue le document de référence au niveau national pour les acteurs du secteur minier au Burkina Faso.
Cependant, selon l’Honorable Leons Sanou, en dépit de l’essor du secteur minier et des différents instruments nationaux et internationaux, qui l’accompagnent, il est apparu des insuffisances en matière de gouvernance et de transparence des ressources extractives.

« Ce sont ces insuffisances dans la gouvernance du secteur minier qui ont amené les députés à s’organiser dans le cadre du Réseau des Parlementaires pour la bonne gouvernance des ressources minérales pour le travail de veille et d’interpellation à travers le contrôle parlementaire dans la gouvernance minière au Burkina Faso…. » Souligne le président du Réseau. Ainsi une occasion, pour Leons Sanou au nom de son réseau et du parlement Burkinabé de remercier le Centre pour la Gouvernance Démocratique, pour les efforts qu’il ne cesse de consentir pour le renforcement de la démocratie et de bonne gouvernance au Burkina Faso.

Pour sa part, le Pr Marius Ibriga, le directeur de l’Autorité de Contrôle d’Etat, s’est également réjouit de la tenue de cet atelier qui vise à renforcer les capacités institutionnelles des élus locaux et les députés en matière de bonne gouvernance dans la gestion des ressources naturelles au Burkina Faso. Seulement voilà, selon lui le Burkina Faso est un boom minier entend-on souvent dire ! Si cette affirmation vise à souligner l’essor spectaculaire de ce secteur ces dernières années, mais cache une vérité qui est le fait que le développement du secteur minier est assez récent (2008) ; ce qui induit de nombreux défis dans le management du secteur, notamment , des savoirs et savoir-faire à acquérir pour une gestion durable des ressources naturelles et une juste et équitable redistribution des fruits de l’exploitation minière. « La transformation de ce secteur est une véritable dynamique de développement qui doit impliquer la constitution d’une expertise diversifiée et de maitrise des effets pervers de l’exploitation minière, afin d’empêcher qu’elle ne débouche sur une amère
désillusion comme on le constate dans bon nombre de pays africains où le boom minier mine avec pauvreté généralisée de la population et accaparement ou dilapidation de la manne minière… », Indique Pr Ibriga.
C’est ainsi que , pour face à ces enjeux souligne le Directeur de Contrôle d’Etat, que le Burkina Faso a décidé d’adhérer en 2008 à l’ITIE, et a obtenu le statut de « Pays Candidat », le 15 mai 2009, puis celui de « Pays Conforme », le 27 février 2013, et c’est dans ce même souci qu’il a souscrit à l’Initiative Accélérée de
Transparence dans les pays mettant en œuvre de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives lancés par les pays de G8.

Une occasion de rappeler que pour la mise en œuvre de cette incitative, le Burkina Faso, a élaboré un Plan d’Actions, qui s’articule sur cinq axes entre autres : Transparence sur toute la chaîne de valeur de l’industrie extractive, la transparence, contrôle et développement des ressources de l’Etat, intégration de la dimension
développement local en matière d’exploitions minières, intégration de la composante sociale et environnementale dans tout projet minier d’exploitation ou d’exploration , renforcement de la composante juridique dans les projets miniers….

« Il n’y a d’Etat efficace que là où il existe un système de contrôle efficace…. », Martèle Pr Ibriga. Avant de rappeler que ce système de contrôle doit prendre en compte toutes les composantes notamment, politique, administratif, juridictionnel, citoyen pour la préservation du bien public et la capacitation de l’Etat à faire face à ses engagements.

En tout cas, le directeur de l’autorité de contrôle de l’état, a tenu à remercier le programme d’appui au développement du secteur minier et le centre pour la gouvernance démocratique, pour leur engagement à
œuvrer pour l’élévation du niveau d’expertise Burkinabé dans le secteur minier en référence exigences de bonne gestion publique pour que s’épanouisse des corps de contrôle férus de professionnalisme et d’efficacité, porteurs de l’intérêt général et acteurs de laconsolidation d’une gouvernance d’anticipation et de résultat.

Amar a Sylla pour Radio-Kankan.com

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