Le premier Ministre, Mamady Youla semble ne pas vraiment convaincre et contrôler les leviers du Gouvernement. Mais son chantier : pauvreté, chômage des jeunes, emplois, initiative pour les mines et d’autres départements, est gigantesque. Même si dernièrement, un franc succès a été obtenu à l’Assemblée Nationale avec la loi initiale des finances dont le budget en recettes et en dépenses a été votée à 15 milles milliards de francs guinéens. La Guinée depuis 2010 n’a pas seulement tourné la page en douceur. Contrairement à toutes les prévisions, elle l’a fait avec une rapidité sidérante. Depuis 2016, on a l’impression que le temps pour la revendication et des manifestations de masse est passé. Et les débordements ont été limités. Que les affres de la vie quotidienne parviennent à faire oublier ces moments historiques en dit long sur l’état de l’économie du pays. La paix revenue, les Guinéens gardent encore la satisfaction d’avoir contribué à l’avènement d’un Etat de droit, la fierté d’offrir maintenant au monde une image positive, mais aussi la conviction que tout reste à faire.
UNE ECONOMIE EN ATTERISSAGE DANS LA DOULEUR
Une formule suffit à donner une idée de l’ampleur de la tâche qui attendait le premier Ministre, Mamady Youla : le niveau de développement de la Guinée, jadis lamentable, l’économie semble toujours en atterrissage dans la douleur ; le taux de chômage officiellement énorme toucherait en moyenne près d’un travailleur sur deux, le revenu moyen à peine est à 2 dollars et les PME fonctionnent au tiers de leur capacité, dans le meilleur des cas, pour produire des biens et de mauvaise qualité, faute de capacité à investir et d’accès aux technologies étrangères.
SIGNE D’OUVERTURE
Plus significatif : l’espérance de vie est en recul avec l’épidémie d’Ebola qui a durement frappé le pays. Avec un tel état des lieux, on a l’impression que le premier Ministre ne s’est pas fixé de priorité, malgré le catalogue des initiatives concernant 30 départements Ministériels.
Pis, le taux de change du franc guinéen au marché noir est en tout cas révélateur des attentes déçues qui cristallisent le jeune premier Ministre. A la veille de sa prise de fonction, pour un familier de la Banque centrale, le franc guinéen n’était pourtant pas à ce niveau. Dommage que conscient de ses limites, le Premier Ministre n’a pas su jouer de la seule carte dont il dispose : lui-même. Alors que la Guinée, après Ebola ne pouvait se redresser sans un véritable ‘’plan Marshall’’, idée déjà reprise par le Président de la République, le Professeur Alpha Condé, surtout que la Guinée avait trouvé en ce quinquagénaire taciturne et expérimenté, un Avocat efficace auprès des bailleurs de fonds. Paré de son titre de ‘’jeune loup’’ et de ‘’secteur privé’’, il présentait l’avantage de dire ce qu’il pense et semble-t-il de faire ce qu’il dit. Les résultats très minces ont du mal à se faire attendre. Même si l’Union Européenne a levé la sanction sur la pêche illicite ou le programme de facilité de crédit-Fonds Monétaire International (FMI) – Guinée. L’engouement que le nouveau Premier Ministre avait suscité à l’étranger, doublé de l’aura du Président de la République, est tel que les pays voisins de la Guinée s’inquiétaient déjà du manque à gagner que signifiera pour eux l’inévitable rééquilibrage des aides à la région.
DES RALLIEMENTS PATHETIQUES POURTANT
Un véritable état de grâce également perceptible dans tout le pays. Rares sont les Guinéens à oser encore le nom de ce personnage pourtant très influent dans le passé, au niveau du GAC, une société minière qui avait même osé accepter la démission de l’actuel Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, Abdoulaye Yero Baldé, tout en évitant de l’assortir d’une moue méprisante ou de quelques adjectifs bien sentis. Et dans les jours qui ont suivi sa nomination, ce fut une longue litanie de messages de félicitations sincères, mais aussi de ralliements pathétiques de partis, de personnalités jusqu’alors neutres ou inféodées à des clans divers. Bien malin, en revanche qui pourrait dire combien de temps Youla pourrait compter sur cette confiance a priori. Conscient de la fragilité de son prestige, celui qui a toujours fait de la patience une vertu, semble résolu à se faire violence et à profiter des circonstances pour remettre de l’ordre dans la maison : mais redonner à la Guinée une signification avec des initiatives sur 30 départements Ministériels paraît long et coûteux. Son passé de banquier ne lui a pas été utile, surtout qu’il faut passer au plus pressé, avec un pouvoir pas attaché à une fonction mais à un homme, le Président de la République. De là, il n’a pas pu conquérir les véritables centres de décisions économiques.
PRIORITE AU POUVOIR D’ACHAT
Le passage à vide de Mamady Youla marque l’inadaptation croissante des politiques mises au point. La croissance riche en emplois a été un vœu pieux ; car cette politique peut certes apporter une réponse quantitative à la question du chômage mais n’a pu mobiliser le soutien politique des salariés, très vexés après la grille indiciaire du Ministre de la fonction publique, de la reforme de l’Etat et de la Modernisation de l’Administration. Or, une croissance plus riche en pouvoir d’achat implique forcément une réduction significative du rythme des créations d’emplois. Ensuite, parce que l’amélioration de la qualité et du prix des emplois ne se décrète pas. Malgré la dynamique de création d’emplois, la qualité de ces emplois reste encore limitée.
TECHNOLOGIE DE LA COMMUNICATION
Le secteur de l’électronique, de l’informatique et des télécommunications comme toutes les activités qui se satisfait d’abord une demande de biens de consommation est forcément cyclique. Ce qui est surprenant, c’est l’enthousiasme et la course à la puissance qui n’égalent pas les gains de productivité spectaculaire.
BANQUES
Les banques restent encore prisonnières de ‘’crédits non performants’’ c’est-à-dire de vieux crédits aux faibles probabilités de remboursement. Ce qui explique la réticence des institutions internationales financières à accorder de nouveaux prêts.
BUDGET
C’est vrai, selon les indications données par le Premier Ministre Youla à ses Ministres, les dépenses devraient être réduites. Et s’il veut vraiment se dégager de réelles marges de manœuvre en matière de dépenses, le Premier Ministre va devoir ‘’redéployer’’ davantage les dépenses de l’Etat entre les Ministères. Avec un taux de prélèvements obligatoires parmi les plus élevés de la sous-région, un secteur public important, la Guinée est particulièrement exposée aux risques de concurrence fiscale. Les erreurs récentes d’imputations à la Direction Nationale des Impôts laissent augurer un goût amer. La fiscalité directe d’impôt sur les revenus des ménages est relativement sur un nombre réduit de contribuables. Les entreprises supportent également des taux d’imposition effectif du capital qui sont parmi les lourds de la sous-région. Ils combinent une taxe locale pesant sur la valeur des immobilisations (la taxe professionnelle) et un impôt sur les bénéfices des sociétés, dont le taux faciale est relativement plus élevé que dans les autres de la sous-région. Et l’écart avec les concurrents se creuse à mesure que ceux-ci abaissent leur pression fiscale. Or, les reformes fiscales doivent maintenir le montant total des recettes publiques tout en abaissant sensiblement les taux marginaux, tant sur les revenus des personnes les plus mobiles que sur les bénéfices de sociétés. Et grâce à la suppression des niches à l’élargissement des bases fiscales, ce nouveau système afficherait des taux marginaux bien plus faibles et une structure beaucoup plus neutre.
LE JEU, UN MIRAGE OU SORTE D’INFLATION
L’Etat censé contrôler le secteur des jeux via la loterie nationale de Guinée (LONAGUI) laisse libre cours pour développer tous azimuts cette activité, qui rappelle chaque année, des recettes fiscales, non communiquées à l’opinion par le Directeur Général de la LONAGUI, qui par une caméra cachée, va filmer des journalistes venus en fait, faire mea culpa, pour lui soutirer des sous. Et malheureusement là où on a le moins innové, ce que les dépenses n’ont progressé qu’au rythme de ‘’l’inflation’’ (courses de chevaux adaptés à l’écran et aucun moyen de contrôle de l’Etat, même si le conseil d’administration comprend un imprimeur Conté qui représente les parieurs alors qu’il n’y a pas de syndicat de parieurs dignes de ce nom. Au cours de la décennie, l’essor du jeu est d’abord celui des tirages et autres grattages du Pari mutuel urbain (PMU), puis celui des machines à sous, avant d’être celui de Rapido, système de tirage toutes les 5 minutes entre 6h et minuit installé dans les cafés. Une innovation débridée que la société a dû calmer. Un phénomène qui est allé si loin qu’on a l’impression que les entreprises ont fini par réduire le montant des mises. Un produit qui présente le plus de risque d’entraîner des personnes fragiles, mais qui sont connues par les entreprises de jeu.
FINANCES SOLIDAIRES
Il aurait fallu un collectif des acteurs Guinéens du micro crédit. Jusque-là, on ne note pas d’instance de coordination de la micro finance et l’inclusion de cette dernière dans les politiques économiques et sociales, après la malheureuse expérience de l’agence nationale de la micro finance (ANAMIF) dirigée par Ibrahima Sory Cissé et l’expérience débridée des MUFFA initiées par Afriland First Bank.
OBJECTIF DU MILLENAIRE
Le Premier Ministre aurait saisi cette balle au rebond en lançant la campagne ‘’Plus d’excuses en 2016 pour les OMD’’ en associant les médias, les Universités, la Société Civile afin de créer une masse critique pour faire bouger les choses.
REPORTING SOCIAL ET ENVIRONNEMENT
Aucune contrainte en matière de reporting social, pour permettre aux filiales des multi nationales pétrolières (Total, Shell, TMI, etc…) et minières les obligeant à rendre des comptes, au-delà de l’initiative des industries extractives (ITIE).
INEGALITE HOMME FEMME
Les Nations Unies plaident pour que les femmes non seulement soient présentes dans les conseils d’administration et les formations à la parité et aussi soient Premiers Ministres. Seulement, le pouvoir discrétionnaire des dirigeants en dépend dans chaque pays.
DEFENDRE LE PLURALISME DE LA PRESSE
Le secteur de la presse semble ignoré par l’actuel locataire même s’il y a quelques étincelles de contacts avec la presse, par un déjeuner-presse et des interviews bien dirigées à la Radio Espace et autres. Mais il aurait fallu, avec l’actuel Ministre de la communication, Rachid N’Diaye, l’homme du 02 Octobre dont Mamady Fofana, le fonctionnaire de l’office de contrôle de qualité se souvient encore, s’interroger sur la pertinence du système actuel d’aide à la presse et les conventions internationales s’y rapportant.
EDUCATION NATIONALE
De nombreux chantiers de réforme ont été obtenus à l’enseignement Pré-Universitaire et à l’alphabétisation, sans oublier l’enseignement technique et professionnel. Mais de même que les âges de la vie évoluent, l’âge auquel on acquiert un savoir donné doit aussi pouvoir être modifié sans pour autant mettre en place un enseignement au rabais et évacuer les classiques au nom de la modernité. Surtout qu’aucune donnée objective ne permet de décider de la quantité de savoir à absorber à un moment donné.
INSPECTION DU TRAVAIL
Un plan de modernisation sur quatre (4) points devra comprendre :
Promouvoir le travail en équipe
Développer la politique du travail
Assister les inspecteurs généralistes par des compétences spécialisées
Accompagner la modernisation par les moyens nécessaires, notamment en termes d’effectifs. A cela doit s’ajouter la mise en place d’une autorité centrale de l’inspection du travail.
MINES – AGRICULTURE – TRAVAUX PUBLICS
Les résultats dans ces domaines ne sont pas à la hauteur des espérances. Même si, dans l’entourage du premier Ministre, on pense avoir été aussi loin que possible, compte-tenu des contraintes internes, liées aux équilibres économiques, sociaux, politiques, réels ; contraintes externes, résultant des engagements et du commerce international. Aussi, en forme maintenant, voici notre manège enchanté après un sondage, pour le nouveau gouvernement. Seulement, il faut que les Ministres ou les Ministres d’Etat, aient vraiment les coudées franches pour agir. La tour de contrôle ne peut être ailleurs alors qu’ils sont les détenteurs délégués. Ce qui donnera à l’opinion qu’il s’agit alors d’un saupoudrage surtout si les fonds manquent pour relancer un vrai département.
PREMIER MINISTRE
Candidats potentiels : Mesdames Kanny Diallo, Madame Makalé Camara, Makalé Traoré, Mamady Youla.
MINISTRE DE L’AGRICULTURE ET DE L’ELEVAGE
Candidats potentiels (CP) : Mamba Kourouma, Agronome, représentant CILSS Guinée.
Bouré Abraham, Economiste, Président de Parti.
Madame Jacqueline Sultan
MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET DES NTICS
CP : Aboubacar Sylla, Porte-parole de l’opposition Républicaine, Tibou Kamara, Ancien Ministre, Rachid N’Diaye.
MINISTRE D’ETAT DES TRANSPORTS
Oyé Guilavogui
MINISTRE DE LA FONCTION PUBLIQUE ET DES AFFAIRES SOCIALES
CP : Fodé Bily Camara, économiste, actuellement en poste à la Direction Générale du Port, Madame Sanaba Kaba, Sékou Kourouma.
MINISTRE DES MINES ET DE L’ENVIRONNEMENT
CP : Alpha Mady Soumah, Abdoulaye Magassouba, Madame Christine Sagno.
SECRETAIRE D’ETAT AUX POSTES ET TELECOMMUNICATIONS
CP : Alhassane Makanera.
MINISTRE D’ETAT CHARGE DES INVESTISSEMENTS PUBLIC-PRIVE
Dr Ibrahima Kassory Fofana
MINISTRE DE LA COOPERATION INTERNATIONALE ET DU PLAN
Mme Kanny Diallo
MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DES GUINEENS DE L’ETRANGER
CP : Albert Damantang Camara, Mme Makalé Camara.
MINISTRE DE LA FEMME ET DE LA FAMILLE
CP : Binta Ann, Présidente de la fondation Binta Ann, Mme Sougoulé Managbè Camara, économiste, leader féminin en service au Ministère des Mines.
MINISTRE DU TOURISME, DE L’HOTELLERIE ET DE L’ARTISANAT
Thierno Ousmane Diallo.
MINISTRE DE LA JUSTICE ET DE LA CITOYENNETE
CP : Me Cheick Sacko, Me Abdoul Kabèlè Camara.
SECRETAIRE D’ETAT A LA CONDITION PENITENTIAIRE
CP : Moriba Sylla (Régisseur), Ibrahima Koné, Journaliste, Directeur des éditions JAO.
MINISTRE DE LA SANTE ET DE L’HYGIENE PUBLIQUE
CP : A. Diallo ; le Président du parti PDU ; A. Diakité, Secrétaire exécutif du CNLS.
MINISTRE DE L’ADMINISTRATION DU TERRITOIRE ET DU DEVELOPPEMENT LOCAL
Général Bouréma Condé.
MINISTRE DE L’INTERIEUR ET DE LA SECURITE
CP : Moussa Sampil, Me Abdoul Kabèlè Camara, Chapo Touré.
MINISTRE DE LA DEFENSE
Mohamed Diané
MINISTRE DE LA JEUNESSE, DE LA CULTURE ET DES SPORTS
CP : Siaka Barry, Moustapha Naïté, Dansa Kourouma, Société Civile.
SECRETAIRE D’ETAT A LA JEUNESSE, A LA CULTURE ET AUX SPORTS
Bani Sangaré, ex secrétaire général.
MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE
Abdoulaye Yero Baldé
SECRETAIRE D’ETAT A L’ENSEIGNEMENT PRE-UNIVERSITAIRE ET A L’ALPHABETISATION
Mr Soriba Sylla
SECRETAIRE D’ETAT A L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE ET PROFESSIONNEL
CP : Mme Djenè Mama Kaba, Professeur, DCE Kaloum, Dr Binko Mady Camara
MINISTRE DE L’ENERGIE ET DE L’HYDRAULIQUE
Dr Cheick Talibé Sylla
MINISTRE DES EQUIPEMENTS ET DU PATRIMOINE BATI
CP : Mohamed Lamine Yayo, financier et DG du patrimoine bâti, Tall Souleymane, Banquier à la BCRG.
MINISTRE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE
CP : Kerfala Person Camara, PDG de GUICOPRES, Boubacar Barry.
MINISTRE DE L’ECONOMIE ET DU BUDGET
Mme Malado Kaba
MINISTRE DE LA PÊCHE ET DE L’ECONOMIE MARITIME
André Loua
MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS
Honorable Yansané Kalimodou, député, ex secrétaire général du Ministère des TP
Avec les futurs maires centraux des élections communales et locales ne peut-on pas avoir des Ministres résidents dans les Gouvernorats ?
Tout ceci n’est que la vue de l’esprit, c’est notre contribution à la bonne marche de la démocratie.
DON DE DIEU AGOSSOU
Tel; 620 05 82 29


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