December 16, 2018

L’arbre de l’espoir, film documentaire de 1958 à nos jours veut faire mieux. Thierno Souleymane Diallo, avec ce 3ème film veut inciter les passionnés du cinéma et pourquoi pas rouvrir les salles. Après une sortie relativement discrète, l’auteur s’est engagé à programmer dans des salles. Le film décrit l’indépendance de la Guinée en 1958, la rencontre solennelle entre le vice-président Ahmed Sékou Touré de Guinée et le Général Charles De Gaulle, Président de la République Française. Une belle histoire remarquablement contée avec la 2ème République sous le Général Lansana Conté, la transition avec le Capitaine Moussa Dadis Camara et le Général Sékouba Konaté et la 3ème République qui voit l’élection du Professeur Alpha Condé en 2010. Une œuvre d’un jeune cinéaste d’une trentaine, réalisateur de deux (2) documentaires et d’un long métrage en perspective. Pourtant ses seules qualités n’expliquent pas son triomphe et son audace. L’arbre de l’espoir va toucher les gens bien au-delà de ce qu’espérait Diallo. Les raisons du succès de ce film sont dans les rues de Conakry, l’audace des jeunes qui veulent le changement avec l’horreur intervenu sur son ami, Fodé Mamoudou Bah, assassiné le 12 septembre 2012 lors d’une manifestation de l’opposition républicaine. Alors est venu le temps du cynisme : de la réussite sociale à n’importe quel prix, de l’efficacité triomphante. Diallo a proposé à un jeune agriculteur au Sénégal de faire un essai pour son film. Des histoires pathétiques de Yaguine et de Fodé Koïta qui, s’étaient fait embarquer par un agent de la Sabena pour aller porter un message aux chefs du monde, agrémentent ce film. Mais le succès et la reconnaissance internationale imposent que Monsieur Diallo ait plusieurs facettes d’appréciation. Ce que Monsieur Kaba Stéphane appelait ‘’absence de maturité’’. Parallèlement, madame Jeanne Cousin, une sage femme française, qui adopte la Guinée, a fait une monographie cinématographique de la Guinée de 1958 à nos jours. Signalons que Thierno Souleymane Diallo travaille actuellement au montage d’un long métrage intitulé : ‘’Au cimetière de la pellicule’’.

 

 

RENCONTRE AVEC DES ARTISTES ETONNANTS

Le palais du peuple accueille le 07 avril 2018 deux artistes, Tiranké Sidimé et Mamadi Capi Sidimé. Venue de la Haute Guinée, ils vont émouvoir le public. Ce sont des héritiers de la civilisation de la contrée citée. Aujourd’hui, malgré les tentatives d’anéantissent de l’ordre culturel ancien, seules les frontières musicales sont toujours audibles et précises. En Haute Guinée, tout se découvre à l’oreille. Pour découvrir un ou une artiste, il suffit de l’écouter. Les mélodies mandingues partent de grave pour s’élever vers l’aigu avec de longues notes tenues et s’achèvent dans le grave tellurique cher aux griots. Tiranké Sidimé, est la jeune femme populaire. Elle doit sa gloire aux cycles de fêtes et de banquets, des évènements qui rythment la vie sociale et dont les artistes sont les grands prêtres, et les vedettes royalement rémunérées. Cas unique d’une jeune femme, depuis qu’elle a eu un prix Djembé d’or, la musique d’art traditionnelle avec laquelle elle veut transcender la chanson populaire de qualité. Elle a jeté sur ses épaules, le Samedi, 24 février 2018 à La Petite Minière son costume africain, avec des motifs brodés. L’idole des femmes est modeste ‘’mon art est moins grand que ma légende. Très tôt, je découvris la musique’’. Issue d’une famille de griots, Tiranké Sidimé, fut dans son enfance, danseuse. Très douée, elle vécut facilement sa mue. Musicienne autodidacte, elle parvint enfin à trouver sa voix. Et son style. Du coup, le double album avec près de 45 titres nécessita un lourd investissement de près de 500 millions de francs guinéens qu’il faut rentabiliser par la suite. Mamadi Capi Sidimé, le virtuose cinquantenaire, est jovial, généreux. Il a connu les grands maîtres de l’ancienne génération. Il joue aussi bien dans les campagnes que les salles en live. Véritable force de la nature, il empoigne son instrument avec passion ; il sait jouer dans toutes les positions, mettant son instrument derrière la tête ou le braquant comme une mitraillette. Ces effets spectaculaires ont pu séduire le public dans les mariages ; mais il reste sobre et concentré. Grâce à des hommes comme lui, la prodigieuse musique mandingue devint vivante et populaire. Alseny Sylla, le chargé de communication, ayant joué sa partition et conscient du manque de producteur local, est confiant. Il était accompagné au podium de Cheick Ahmed Diabaté, le manager et de Mikini Moussa Camara. Le double album est intitulé ‘’Tougna et Allah Barika’’.

Don de Dieu Agossou

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