
- Kabiné Magassouba
Invité: Magassouba Kabiné Occupation: Ingénieur. Initiateur du projet Le fleuve Milo est un des affluents du majestueux Djoliba ou Niger, la légendaire artère Ouest africaine qui prend sa source en Guinée et qui traverse le Mali, le Niger et le Nigéria.
Le Milo définit Kankan, comme la Seine définit Paris ou la Tamise, Londres. Ce fleuve long de 430 kilomètres prend source dans les plateaux de Beyla, et arrose successivement les préfectures de Kerouané et Kankan, avant de se jeter dans le Djoliba (fleuve Niger) à quelques kilomètres de Siguiri dans une bourgade appelée Sasando. Son bassin versant est de 13.100 km2, nourrissant plusieurs plaines cultivables de la région.
Le Milo, par ses crues lors des hivernages et son assèchement en saison sèche, rythme la vie de la cité. Ce sont les pluviosités généreuses de la Grande Forêt guinéenne qui font que le débit de l?eau du fleuve est élevé en hivernage.
Malheureusement, l?harmattan et la déforestation entraînent des mises à sec de plus en plus prolongé du fleuve, révélant un banc de sable à la place des majestueuses crues d?hivernage. Un pont historique y a été construit au siècle dernier permettant la création de la ville nouvelle "Kankan Koura" sur le bassin est de la ville.
Le Milo est navigable en saison pluvieuse et le bateau qui faisait la navette entre Kankan et Bamako est un des souvenirs vivaces de tous les Kankanais.
C?est de l?ensablement de ce fleuve légendaire que Mr Magassouba Kabiné, natif de Kankan, Ingénieur en Télécommunications Technologies en service à Medtronic Physio-Control (Department recherche développement) veut attirer l?attention des Guinéens et amis de la Guinée.
Mr. Magas est résident de Seattle dans l?état américain de Washington sur la cote pacifique des Etats-Unis. Il a été impliqué dans plusieurs activités communautaires guinéennes aux Etats-Unis y compris la levée de fonds de Guinéenews© en faveur des survivants des attaques rebelles contre la Guinée en 2000 et 2001.
Mr Magassouba Kabiné répond aux questions de Boubacar Caba Bah, coordonnateur du site de Guinéenews© lui-même kankanais d?adoption pour avoir passé une partie de sa jeunesse au Quartier Raphaël de Kankan (Ecoles primaires Fallaye Traoré et Camp Soundiata 1968-1972). Tous se rappellent des mémorables expéditions nautiques d'enfance sur les plages du Milo.
Guinéenew©: Mr Magassouba, comment cette idée vous est-elle venue de draguer le fleuve Milo?
Kabine Magas : Je suis natif de Kankan et je suis constamment l'évolution et les réalités de ma région. La dégradation et l'ensablement du fleuve Milo de Kankan à l'instar de la plus part des cours d'eau de notre pays ne date pas d'aujourd?hui. C'est maintenant que le phénomène devient plus dangereux avec des inondations chaque année.
Nous avons estime que quelque part il faut attirer l'attention des fils de Kankan sur cette réalité, c'est pourquoi nous avons décidé de lancer ce message en estimant que notre appel tombera dans des oreilles attentives. Effectivement la réaction spontanée des fils du terroir (plus de cent Emails reçu en un jour!), nous avons fait dire que nous ne nous sommes pas
trompés, et que une nouvelle mentalité est entrain de naître en Guinée. C'est à dire que les fils d'un même terroir sont prêts à participer à la résolution des problèmes de leur localité en dehors du politique. C'est ça le développement participatif. Dans le cas de Kankan, ce n?est pas une première.
D'autres fils de Kankan ont initié des projets communautaires et ont réussit avec la participation des kankankas à réaliser leur projet. C'est le cas de la clôture du cimetière, la construction du centre islamique etc...
Nous voudrions appuyer leurs initiatives et l'étendre à des domaines plus vastes et peut être plus complexes.
Parlez-nous un peu du fleuve Milo, ce qu'il représente pour vous et pour les Guinéens en général les Kankan kas en particulier?
KM: Pour ma personne, le fleuve Milo est un symbole. En temps de crise ce fleuve a toujours été un recours pour les riverains et même pour toute la population de Kankan.
Sur le plan agropastoral, le fleuve dispose des plaines cultivables des deux cotés de la rive. Si c'est bien aménagé, on peut bien développer l?aquaculture fluviale à partir des eaux du Milo car les poissons des fleuves sont bien recherchés sur le marché.
Dans le domaine du transport, le fleuve Milo a 450 km navigables avant de se jeter dans le Niger. Il relie Kankan à Siguiri-Bamako, donc on peut aussi développer les échanges entre le Mali et la Guinée, surtout que le Mali a besoin d'utiliser le port de Conakry. Kankan peut devenir un centre de transit des marchandises en provenance de Conakry pour Bamako, ce qui peut augmenter les activités du port autonome de Conakry.
Combien ça va coûter pour le dragage du fleuve Milo?

- Le Fleuve Milo
KM: Pour le moment, nous n'avons aucune idée du coût du projet, ni ne disposons de moyens organisationnels pour assurer le dragage. Ce que nous avons fait, c'est alerter l'opinion sur le fait que constitue l'abandon d'un fleuve qui passe au beau milieu de la ville de Kankan.
Vous savez bien Mr Bah que le bon Dieu a mis tous a la disposition de l'homme (Terre, cours d'eaux, air ressources naturelles, etc..). En plus de cela, le bon Dieu nous a donne ce qu'il pas donner aux autres créatures, c'est l'intelligence c'est a dire notre faculté de réfléchir pour trouver les voix et moyens pour dominer et transformer l'environnement pour satisfaire nos besoins. Si nous n'arrivons pas à dominer notre environnement, celui ci peut devenir un danger pour notre existence. C'est pourquoi sans être un alarmiste, nous avons pensé qu'il est temps que nous soyons ensembles pour faire face à nos réalités.
Avez vous les moyens organisationnels pour assurer le dragage?
KM:Pour un départ, il s'agit de réunir un fond qui pourra servir d'engager une étude de faisabilité pour pouvoir monter un projet bancable. Ensuite, comme le projet d'aménagement du bassin du Niger qui vient avoir une assistance de 10 millions d'euros de la part du Gouvernement français, nous allons rechercher des financements. Dans ce domaine, il y a beaucoup de promesses. Des cadres de Kankan qui sont prêts comme ils ont toujours fait à porter le projet au niveau des bailleurs de fonds.
Nous sommes conscients de la grandeur du projet, mais pour nous cela ne doit pas être un facteur de découragement, au contraire cela doit nous donner plus d'énergie pour poursuivre notre rêve, en comptant bien sure sur tous ceux qui se réclament de Kankan.
Quelle garantie de transparence offrez-vous aux gens auxquels vous demandez de l?argent ?
KM: Pour évoluer dans un cadre légal, nous avons pris soins de créer une ONG dénommée: « Guineafriendship » . Des l'arrivée des premières contributions nous ouvrirons un compte bancaire au nom de cette ONG. Pour une question de transparence, ce compte sera disponible online. C'est dire que toute personne connecter peut vérifier à tout moment les activités de ce compte.
Dans ce cas précis, notre responsabilité est de créer une certaine confiance pour rassurer nos compatriotes de notre bonne foi. Grâce à la haute technologie de la communication, cela est possible car le monde d'aujourd?hui est devenu un village planétaire.
Notre responsabilité consiste aussi a convaincre les septiques qu'il est temps de se mettre ensemble pour travailler chez nous a l'image des fils d'autres régions, ou d?autres pays.
Pourquoi Kankan, pourquoi pas ailleurs en Guinée ou il y a des problèmes aussi pressants?
KM: Nous sommes tous conscient des efforts fournis par nos parents pour notre devenir. Le peu que nous pouvons faire pour eux aujourd?hui c'est de leur démontrer de notre volonté de partager et mieux de venir en aide pour résoudre les nombreux problèmes dont ils souffrent. Nous avons choisit Kankan par ce que c'est la réalité que nous connaissons le mieux, mais nous souhaitons que nous aillions plus de force pour parler et assister dans d'autres domaines et dans d'autres endroits.
Nous souhaitons qu'au moment venu, le gouvernement guinéen va appuyer les kankankas dans la recherche des financements dans le cadre de ce projet. Quand bien même nous pensons que l?aménagement du territoire revient au gouvernement Guinéen, mais cela n'empêche que les ressortissants d'une localité soient ensemble pour trouver des remèdes aux problèmes dont souffrent leurs propres parents.
Comment voyez-vous le rôle du gouvernement guinéen dans ce projet étant donné que c?est l?autorité légale du pays?
Comment réconciliez vous cela avec les nombreux Guinéens qui sont très réticents à collaborer avec une administration qu?ils estiment ne pas bien gérer les ressources nationales?
KM: Nous voudrions rassurer nos compatriotes que nous n'avons pas l'intention de réunir un fonds ou rechercher un financement qui sera mise à la disposition d'un gouvernement quelconque. Ni ce gouvernement actuel, ni un autre gouvernement.
Nous ne pensons pas aussi qu?un gouvernement s'attende à une telle chose. Ce que nous attendons du gouvernement, c?est de jouer un rôle de support dans nos efforts de recherche de financement et non un rôle de gestion.
Tous ce qui sera fait dans ce cadre sera en conformité avec la Loi, cela ne signifie pas que le gouvernement aura à gérer les fonds destines au dragage. Nous sommes confiants pour cela et nous voudrions que ceux qui sont avec nous pour ce projet soient rassurés que leurs contributions serviront au dragage du fleuve Milo.
Comment comptez-vous faire le suivi du projet depuis Seattle?
KM:Au moment venu, le comité de coordination mettra un mécanisme de contrôle pour suivre l'exécution du projet sur place a Kankan. Pour le moment nous ne sommes pas la. Nous sommes à la phase de mobilisation pour réunir un fond.
Lorsqu'il s'agira des questions techniques et surtout de suivi d'exécution du projet, nous trouverons des gens sur place a Kankan et à Conakry pour jouer ce rôle. Déjà nous avons quelqu'un à Conakry membre du comité de coordination qui se charge de nous trouver un volontaire a Kankan pour nous fournir des données techniques pour la constitution du dossier.
Qu?est ce qui nous dit que vous n?avez pas des ambitions politiques et que vous voulez utiliser ce projet pour "vous faire connaître"?
KM: (rire) Vous savez Mr Bah, nous n'avons pas d'agenda politique et mieux nous ne courrons pas derrière un poste électif ni en Guinée ni ailleurs pour pouvoir faire une publicité au tour de notre personne. D'ailleurs nous avons rien d'extraordinaire à offrir aux compatriotes qui pourraient faire de nous une personne spéciale. Nous serons l'homme le plus heureux si un jour nous sommes capables de porter ce projet sur la table des bailleurs de fonds et obtenir un financement. Ainsi, dans l?avenir nous ou autres continuerons à demander l'aide de nos compatriotes pour d'autres projets communautaires surtout que chez nous actuellement tout est prioritaire, il faut seulement choisit par mis ces priorités.
Actualité oblige, Mr Magas en temps citoyen Guinéen, comment voyez vous l'élection présidentielle à venir ?
KM: Nous ne sommes pas politique et ne comptons pas faire de la politique. C'est pourquoi nous ne voulons pas aborder une question politique ici. Mais si vous voulez, je peux vous dire que les élections ne nous intéressent pas. Nous préférons réfléchir sur des problèmes réels de nos communautés que de faire la politique.
Si j'étais en Guinée, j'aurais préféré aller planter un arbre le jour de l'élection que d'aller voter. Tout de même je souhaite bonne chance aux candidats et surtout que le bon Dieu préserve la paix au peuple martyr de Guinée.
Votre dernier mot Mr Magas?
KM: Nous remercions toutes l'équipes de Guinéenews© pour nous avoir donner l'opportunité de expliquer le bien fondé de notre campagne.
Beaucoup de lecteurs seront certainement surpris que Guinéenews© offre ces services à un "quelconque" pour parler d'un problème singulier qui ne concerne que Kankan. Guinéenews© prouve par la qu'elle est à la disposition de tous les Guinéens ou qu'ils se trouvent.
Aux fils et amis de Kankan, nous vous tendons la main pour qu'ensemble nous puissions faire de cette campagne un succès. Pour cela que chacun fasse un effort supplémentaire pour contribuer selon ces moyens pour qu'ensemble nous puissions faire face a ce défi et d'autres problèmes qui seront identifier dans l'avenir.Nous recherchons toujours des volontaires pour nous aider à diffuser d?avantage notre message.
Déjà en Europe nous avons Mr Kaba Bachir à Bruxelles et Mr Aladji Touré de Radio-Kankan.com en Allemagne qui représentent le comité de coordination.
Aux Etats-Unis, nous avons N?famoussa Bérété à Columbus, Mr Mohamed Kébé à Philadelphie, Mr Kabiné Kaba à New York et Moi même à Seattle.
Au Canada, nous sommes représentés par Mlle Hawaba Kébé.
En Guinée nous avons Mr Mohamed Mansour Kaba de la coopération. Le comité de coordination reste ouvert à tous autres volontaires pour nous permettre d?avoir plus de représentation.
Aux Guinéens, nous dirons qu'il est temps d'agir ensemble pour cultiver l'esprit de solidarité et de tolérance. Il faut que la nouvelle génération se pose beaucoup de questions sur l'état actuel de notre pays, et qu'ensemble nous trouvions la réponse aux questions posées. Que chacun propose sa compétence dans la recherche des solutions de nos nombreux problèmes pour créer une guinée nouvelle après tant d'années de turbulence !
Que nous sachons que l?homme est le propre boulanger de sa vie et qu'il n'y a pas de développement sans modèle de développement ! Il faut que nous réfléchissons ensemble pour mettre sur place le modèle de développement guinéen.
Cela est un travail de tous les Guinéens sans exclusion.
Nous vous remercions Mr Magas pour votre temps.
KM: C?est à nous de vous remercier pour votre service.
Interview réalisée par Boubacar Caba Bah <mailto:boubah@boubah.com>. Coordinateur du site. Guinéenews©, headquarter à Toronto, Canada.
Propos recueillis par Boubacar Caba Bah












