Dr Sékou Koureissy Condé : la fidélité républicaine
Avec le jeune ministre de la Sécurité nommé en octobre 1997, à 43 ans, à ce poste, le chef de l?Etat n?avait pas aussi de relation particulière pour ne pas dire personnelle avant cette promotion de Dr Sékou Kouréissy Condé. D?autant que l?ancien vice-président de l?IPGAN, après ses études universitaires en Guinée, avait bénéficié d?une bourse post-universitaire pour l?ancienne Tchécoslovaquie et l?Allemagne où il a arraché ses doctorats d?Etat. Selon la légende, l?ancien président guinéen, feu Ahmed Sékou Touré, avec ces bourses post universitaires accordées à Kouréissy Condé, voulait faire de son ??fils spirituel??, son futur ministre de l?Intérieur, le pilier de son régime. Difficile aujourd?hui de vérifier cette confidence, puisque quand Dr Sékou Koureissy Condé opérait, en 1991, son retour en Guinée, le président Ahmed Sékou Touré avait, depuis 7 ans, quitté la scène politique. Décédé le 26 mars 1984 à Cleveland aux Etats Unis, feu Ahmed Sékou Touré était remplacé par le Général Lansana Conté, après le coup d?Etat militaire du 3 avril 1984 qui a mis fin aux querelles intestines et barré la route du pouvoir aux collaborateurs du premier président guinéen. C?est donc sous le règne du Général Lansana Conté que l?ancien vice président retrouve le pays.
A l?heure du multipartisme, qui sonne en 1992, il refuse d?intégrer la caractérisation ethnique des partis politiques guinéens et fonde sa propre formation, l?ARENA.
L?ARENA, malgré la jeunesse de ses leaders et le manque de moyens, tente d?orienter le débat politique autour des valeurs de la République. Mais la tendance ethnique était d?autant marquée au niveau des ??grands?? partis que les jeunes leaders ne seront pas toujours écoutés.
Mais Dr Sékou Koureissy Condé qui a décidé de faire de la politique ne se décourage guère. Il multiplie alors rencontres informelles et conférences de presse, pour marquer sa résistance par rapport à la tribalisation du débat politique et diffuser son message républicain. En octobre 1997, le chef de l?Etat qui semble avoir compris le sens du combat politique du jeune leader, lui tend le bras et le nomme ministre de la Sécurité. Avec, il faut le préciser, l?appui de Kassory Fofana. De cette date à juin 2000, date de son lomogeage, Dr Sékou Koureissy Condé aura été l?oreille sécuritaire du Général. Implacable dans le combat contre la tribalisation de la vie politique, le ministre de la Sécurité se montrera tout aussi résolu contre les extrémismes de tous bords et défendra les institutions sous la bannière du chef de l?Etat auquel il a juré fidélité républicaine. Cet acharnement à lutter contre l?extrémisme, ironie du sort, fera passer le ministre aux yeux de certains comme un extrémiste lui même. Paradoxale situation que les observateurs expliquent par une formule assez significative : « Pour être efficace dans la lutte contre un extrémiste, il faut se mettre dans sa peau ». Vrai ou faux, Dr Sékou Kouréissy Condé, homme de conviction, ne s?est jamais posé de question quand il évoque la République.
Bref, si son passage au gouvernement a été relativement bref, s?il n?a pas eu de relation spéciale avec le Général, Dr Sékou Koureissy Condé aura géré, entre 1997 et 2000, de nombreux dossiers d?état. Si l?on sait que sur cette période la Guinée a enregistré de riches événements dont l?organisation d?une présidentielle, l?arrestation d?un leader politique, l?affaire de Kaporo-rail et de nombreux autres problèmes intérieurs et extérieurs, on réalise l?importance qui s?y attache. Limogé du gouvernement, Dr. Sékou Koureissy Condé s?était presque caché pour sortir du pays, persecuté qu?il était par d?autres barons.
Il est aujourd?hui le premier professeur guinéen intégré dans le dispositif de la prestigieuse université américaine ??Columbia University de New York??. Il est également Président de l?ONG Américaine ??American Council Africa??. A ce titre, il anime, à travers les Etats-Unis et le monde, des conférences sur la gestion des conflits et la paix en Afrique. Il avait, lui aussi, demandé et obtenu l?asile. Sékou Koureissy Condé réside aujourd?hui à New Jersey où il dispose d?un appartement.
Parvenir enfin à une Paix et un développement durable en Afrique
Le vendredi 21 avril 2006, la grande salle de Lindsay Rogers au 7ème étage du département des études en Relations Internationales de l?Université de Columbia de New York a été le cadre inédit d?une conférence regroupant les experts du Conseil de Sécurité des Nations Unies, les Représentants des ONG, du secteur des investissements privés et surtout de grands Professeurs Américains, réputés africanistes et des étudiants visiblement pressés de comprendre les causes des conflits et du sous développement persistant sur le continent Africain. Etudiants en sciences politiques et des facultés de droit des trois plus grandes Universités que compte la City de New York : NYU, Fordham et de Columbia.
Ce forum scientifique unique du genre à Columbia, selon les participants a été l??uvre de l?Ong Américaine, « American Council on Africa ACA », dont le président et directeur exécutif est le Guinéen Sékou Koureissy Condé, lui-même Professeur à Columbia et NYU de New York.
D?autres académiciens africains comme le Professeur Aboubacar Demba Traoré de Guinée, le Professeur Saïdou Kane du Sénégal, des représentants des ong du Cameroun, du Congo, du Libéria et du Ghana ont pu faire le déplacement. Placé sous le signe du dialogue et des échanges constructifs, le forum a passé en revue les expériences passées et présentes du Conseil de sécurité des Nations Unies dans la gestion des conflits et les questions liées à la mal gouvernance et au sous-développement en Afrique.
Il s?agissait, pour les participants à cette conférence internationale, de réviser les voix et moyens qui permettront la prise en compte des normes et traditions africaines dans le règlement pacifique des conflits en Afrique.
Dans son discours d?introduction, le Docteur Sékou Koureissy Condé est allé droit au but : Comment régler sans les sciences et consciences africaines, les conflits qui sont de nature étrangère avec des solutions étrangères et dont les solutions s?appuient de plus en plus sur une administration qui n?a pas d?assise dans nos traditions, compréhension et habitudes de règlement des conflits. La prolifération des conflits en Afrique interpelle la gestion des Etats modernes et la précarité et le caractère artificiel de nos frontières, dit-il. D?où selon lui, la nécessité d?encourager l?approche régionale des questions de sécurité, de paix et de développement en Afrique.
Dans une atmosphère digne du genre, la situation tragique des pays en proie à des guerres civiles depuis dix (10) ans ou même plus, comme le Congo, la Somalie, le Soudan et d?autres comme la Côte d?Ivoire, le Tchad ne sont restés en reste. Des situations de mal gouvernance et de sous développement ont intéressé les participants à plus d?un titre. La pauvreté étant selon la plus part des intervenants, une des causes principales des conflits.
Le premier conseiller de la mission des Etats-Unis auprès des Nations Unies, Monsieur Gordon Olson, Madame Lotte Machon, premier secrétaire de la mission permanente du Danemark aux Nations Unies, Monsieur Stefan Delfs, premier secrétaire de la mission permanente d?Allemagne, Monsieur Jean Francis Zinzou, Ministre conseiller de la mission du Bénin aux nations ont représenté le panel du conseil de sécurité.
Tous sont revenus sur le soucis et préoccupations du conseil de sécurité face au drame du continent et ont énuméré des mesures en cours et qui appuieront le dispositif déjà en place sur le terrain en vue de renforcer les chances de réalisation d?une paix durable en Afrique. Les professeurs Américains Sally Engle Merry, Jacqueline Nolan Haley et le Professeur Robert Hinton, tous connus et respectés pour leurs recherches et leurs publications en droit, en Anthropologie et en sociologie ont dégagé de nouveaux axes qui permettront la prise en compte progressive et l?implication inévitable des représentants des communautés villageoises d?Afrique, dans les médiations et dans la résolution des conflits d?Afrique.
L?ACA est une ong qui a pour objectif d?encourager et de promouvoir la recherche dans le domaine de la prévention et de la résolution des conflits en Afrique et qui veut établir des programmes d?échanges entre les Universités Africaines pour des études post Universitaires en Relations Internationales et en sciences Economiques sur la base des bourses Américaines. Selon l?entourage du professeur Condé, l?Afrique du Sud accueillera les premiers boursiers. Nous souhaitons pleine réussite à cette initiative.
Pour Kibarou,
Depuis New York Correspondance spéciale de
Mamoudou Kouyaté










