Sékou Decazy CAMARA
Ancien Ministre de l?Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, depuis le 29 05 2006 M. Sékou Decazy CAMARA
A peine quelques mois passés à la tête du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique, le ministre Sékou Dékazy Camara a brillé par des prises de décisions qualifiées arbitraires. C'est du moins l´avis de beaucoup d'observateurs.
Le dernier acte que s'apprête à poser Sékou Dékazy et ses collaborateurs est la suppression du système ou du régime d´internat à l´Université de Conakry, première institution d´enseignement supérieur du pays. Cette décision si facile à prendre serait sans aucun doute lourde de conséquences pour les étudiants et par ricochet pour le devenir de la Guinée.
Les autorités universitaires qui ont pris cette mesure de suppression du régime d´internat avec la bénédiction de Sékou Dékazy Camara, estiment que la transformation des cabines d'hébergement en amphithéâtre est le seul palliatif au manque d'infrastructures dont souffre l´Université de Conakry. Par cet acte, des milliers de jeunes étudiants issus de familles pauvres se verront rejetés à partir de cette année dans la ville de Conakry. Nul besoin de s'attarder sur les réalités de la capitale guinéenne avec son cortège de misères. Peut- on compter sur les 60.000 fg de pécule perçu mensuellement par chaque étudiant ?
On pouvait ne pas traîner les pas dessus, mais du moment que d'aucuns estiment qu'il y a une possibilité de s'en sortir avec 60 000 fg, voyons ensemble ce que pourrait valoir cette somme pour Un étudiant vivant à l´externat.
Aujourd'hui, dans le plus pauvre quartier de Conakry, une chambre coûte 17 à 20 mille francs le mois. La tasse de café avec tartiné au beurre pour le petit déjeuner a atteint les 1500 fg, sans compter le repas de midi et le dîner. A ces dépenses, il faut ajouter le transport pour rejoindre le campus tous les matins. Aussi, il faut ajouter les brochures qu'il faut obligatoirement acheter pour ne pas s'attirer des ennuis auprès de certains professeurs qui en font leur gagne pain.
Au delà de ces réalités, d'autres avanceront comme argument que chaque étudiant doit avoir un parent proche ou lointain à Conakry. Dans le seul but de défendre la suppression des cabines. Là, également il ne faudrait pas se leurrer. De nos jours, la misère quotidienne a amené la plupart des ménages de la capitale à amoindrir les charges, afin de résister à la crise. L'on sait que la plupart des familles ne préparent qu'une fois, voire même ne mettent quasiment pas la marmite sur le feu pendant toute une journée.
Dans ces conditions, comment peut-on accueillir un étudiant, quels que soient vos liens pour venir s'encombrer de plus. Le licenciement des étudiants de Faranah observé récemment, émanerait de la volonté du ministre de l'enseignement supérieur. Pour une simple demande d'amélioration des conditions de vie des étudiants de l'institut de Faranah, les gestionnaires de l'institut crient à la manipulation et des boucs émissaires sont indexés.
Sékou Dékazy s'est alors rendu sur les lieux, sans daigner rencontrer les étudiants, afin d'écouter toutes les parties. Se contentant de la seule version de la direction, Sékou Dékazy a ensuite entériné une décision de renvoi de 18 étudiants, dont certains ont été radiés définitivement de l'université guinéenne. Une mesure visant à hypothéquer l'avenir de tous ces jeunes sur qui l'espoir de plusieurs familles repose.
Comme on le voit, l'enseignement supérieur guinéen a besoin plutôt de renouveau, d'une refonte profonde. Les Universités guinéennes ont plutôt besoin d'être réhabilitées équipées en laboratoires, en nouvelles technologie (NTIC), de bibliothèques... La liste des besoins est longue. Pourtant, l´ avenir du pays en dépend et les ressources humaines existent pour mener à bien cet ambitieux et pourtant noble programme. Et à cette allure, Sékou Dékazy Camara semble être loin du chemin que notre système éducatif devrait emprunter, pour sortir de l'ornière. L'on ne peut prétendre gérer un tel département avec des solutions dignes de l'arbitraire où rien ne se résout par le dialogue.
L'amélioration des conditions de vie et d'études des étudiants guinéens doit être le cheval de bataille de tout chef de département de l'enseignement supérieur. Cela le gouvernement doit le comprendre.










