Aider la Guinée
Suivant l’actualité guinéenne – entre autres – au quotidien et entouré de connaissances guinéennes dans la diversité et, n’étant animé que par toute l’affection que j’éprouve pour ce pays et ce peuple de façon totalement désintéressée, je puis me faire une idée assez objective de cette nouvelle Guinée, de celle de Dadis Camara. Je ne suis pas Guinéen, mais je suis Africain et j’espère en être digne, ce que ne me contestent pas les Africains qui me connaissent.
A l’instar de tous les pays africains sans exception, la Guinée a toujours été et, est sous la menace de conflit dû au racisme et à la discrimination latents. Les commentaires sur les tragiques événements que nous venons de voir, montrent la haine et le mépris des uns sur d’autres. La paix n’aura été imposée que par la force des ethnies dominantes et privilégiées, avec son lot de violences et d’exclusions par les majorités ethniques, culturelles ou religieuses. Mais dès lors qu’un autre groupe ethnique, culturel ou religieux arrive aux commandes de l’Etat, l’ethnocentrisme bat les masques et accuse d’ethnocentrisme les nouveaux arrivants.
Dès la prise de pouvoir par Dadis Camara, sans effusion de sang ni aucune violence, qualifiée par les autres ethnies et soi-disant opposants de coup d’Etat, sachant même que l’Assemblée Nationale était illégitime et illégale, le Capitaine Dadis Camara était considéré comme un dictateur et issu de l’ethnie de « mangeurs de singes » Forestiers. Il y avait ainsi refus catégorique de tout Forestier, historiquement discriminés et haïs. Il était le premier de son ethnie à accéder au pouvoir et il n’était pas non plus musulman, religion de la majorité. Combien même il jure sur la Bible et le Coran, il restera toujours un « mangeur de singes, dictateur et non musulman ».
Et malgré toutes les assurances du Capitaine que les militaires ne s’éterniseraient pas ou pouvoir, que toutes les libertés fondamentales, la démocratie, la sécurité et la justice pour tous les Guinéens allaient être restaurées ; et qu’une lutte sans merci serait menée contre les réseaux international de drogue, contre la corruption, la déprédation et le banditisme, rien n’y fait. Plus de quatre-vingts oppositions (les unes contre les autres d’abord) se ligueront contre le Capitaine Dadis Camara qualifié malgré tout de « dictateur et mangeur de singes ». Et en dictateur, qualifié par les oppositions, Dadis Camara est le premier à soulever la question et à procéder à la démolition du sinistre Camp Boiro. Ces actions n’étaient pourtant que les principales revendications populaires depuis cinquante ans. Seulement voilà !
Quand le Chef de l’Etat, dictateur ou pas, « mangeur de singes » ou pas, messie ou pas, fait part de son programme et de ses projets, la réaction est unanime : « c’est un menteur, il ne fait jamais ce qu’il dit, c’est de la propagande électorale ». Lorsqu’il tente de faire, les oppositions lui barrent la route à tous les coups et ils exhibent un slogan acheté à l’étranger : « C’est le Dadis Show ». Et puisqu’il est empêché de faire, d’entamer un quelconque projet, il va sans nul doute « Il ne fait rien, il prépare son élection ». Lorsque Dadis avait demandé la baisse des prix des carburants, il avait été discrédité et des grèves s’en étaient suivies. Lorsqu’il avait demandé un volontariat pour des forages servant à l’alimentation en eau potable, il avait été discrédité et on aura invoqué des enfoncements à cause des terrains volcaniques et sismiques. Lorsqu’il avait demandé la réduction des prix de produits de premières nécessité, il fait son show. Lorsqu’il avait arrêté les narcotrafiquants, il avait été accusé d’avoir été militaire durant les régimes précédents. Franchement, autres que la corruption et les menaces, qu’avaient fait, qu’avait proposé ce réseau d’opposants qui n’ont, par ailleurs, ni adresse fixe, ni aucun programme politique, ni aucun projet de société ?
Guinéennes et Guinéens ! Ces opposants disent que Dadis Camara n’est pas Thomas Sankara. D’accord, mais Thomas Sankara avait été assassiné, non pas par le peuple burkinabé, mais par la France et ses suppôts en Afrique. Car Thomas Sankara était l’espoir du Burkina Faso et de toute l’Afrique, et par conséquent ennemi de tous les prédateurs et violeurs économiques et idéologiques de l’Afrique. Alors, voulez-vous soutenir quelqu’un qui est sur la voie de – même s’il ne peut jamais être un autre – Sankara, ou bien conduit comme du bétail à l’abattoir ?
Dès que le Chef de l’Etat, légitime ou pas, a entamé la lutte contre le narcotrafic – dans lequel s’étaient enrichis de nombreux membres de gouvernements précédents, et dans lequel s’était également distinguée par son absence totale cette même communauté internationale – et alors qu’il exigeait une commission d’audits sur le bradage des mines d’or, de diamant, de bauxite, du Port Autonome de Conakry, de Air Guinée, et de nombreuses autres compagnies, ces « opposants », fervents souverainistes s’agitaient à l’étranger, exigeant des sanctions, des embargos, des condamnations de la junte au pouvoir. Ainsi que la constitution d’un Groupe de Contact International en Guinée, une ingérence non voilée. Et ils prenaient leurs instructions et leurs petits déjeuners quotidiennement dans les chancelleries et ambassades étrangères intéressées. Les sanctions ont été décrétées par cette communauté internationale à cause des oppositions guinéennes. Ce n’est point le pouvoir en place qui en est tellement sanctionné, mais le peuple guinéen ! Comment donc qualifier ces soi-disant opposition autrement que de haute trahison et passible devant la plus haute cour de justice du pays ? Car, ces opposants doivent rendre des comptes au peuple !
Pourtant, c’étaient ces mêmes opposants qui se courbaient, qui se couchaient même pour lui exprimer leurs soutiens en l’appelant « Monsieur le Président » ; qui avaient à maintes reprise tenté de le corrompre par des offres d’argents et de véhicules 4X4 à sa famille, par des présentations de troupeaux de moutons au camp Alpha Yaya Diallo, ou encore d’une somme de 22 millions de dollars par une société minière. S’ensuivaient les tentatives d’attentats qui l’ont empêché de sortir en Guinée et à l’étranger, ajoutées à la présence de rebelles armés aux frontières sénégalaises et libériennes que Dadis avait dénoncées. Ce même Dadis était traité de menteur par ceux qui l’accusent aujourd’hui d’utiliser des mercenaires libériens contre sa propre population. Le considérant toujours comme faible et stupide, même un journaleux étranger, d’un pays voisin, s’était permis plusieurs tentatives de corruption soit, du Capitaine Dadis Camara, soit de son entourage immédiat.
On peut donc se demander pourquoi toutes ces tentatives de corruption et d’intimidations ? Il ne s’agit ni plus ni moins que de le corrompre afin qu’il interrompe sa lutte contre le narcotrafic, les détournements de fonds et toutes les déprédations, ainsi que tous les crimes et les injustices commis dans le passé, alors que ces opposants étaient tous au pouvoir. Il ne s’agit que de sauver leur peau des poursuites judiciaires et de lourdes condamnations et non pas pour sauver un pays ruinés par eux-mêmes. Voilà ceux qui sont considérés par la communauté internationale comme forces vives, une classe politique et une opposition ! Mais dans cette même communauté internationale, il est certains pays qui n’ont de soucis que la mise sous tutelle de la Guinée, d’autres pour leurs intérêts économiques et d’autres encore pour des raisons idéologiques. Une personne, un groupe de personnes, un peuple qui appelle à faire fi de la souveraineté nationale – les mêmes qui défendent El Bachir confondu pour génocide – est lâche et indigne. L’Union Africaine dans tout cela, elle n’a jamais été autre que le larbin du plus fort. La Ligue Arabe protège et soutient El Bachir, porte le Général Aziz, ferme les yeux sur inconstitutionnalité des présidents de tout le nord du continent, la France protège et soutient la candidature de Bongo, de Deby, de Bya, l’Union Africaine fait des déclarations de soutien. Comme disait un prêtre : « ces gens qui s’entre-flattent sont comme les ânes qui s’entre-grattent ». Cette communauté internationale est à l’image des oppositions guinéennes.
Avant ces dramatiques événements qui nous endeuillent toutes et tous, et non pas uniquement les Guinéens, à la première sortie dans le pays du Président Dadis, ces oppositions avaient lancé un mot d’ordre à toutes les communes pour lui réserver un accueil de villes mortes. N’est-il pas le Chef de l’Etat ? N’est-il pas Guinéen ? Si, Mais… Il restera toujours un « dictateur, mangeur de singes, non-musulman ». Et dire qu’il n’y a aucune connotation ethnique, c’est faux ! Il y même plus, puisqu’il est considéré comme « un sauvage » et « un infidèle ». Les propos, non voilés de tout racisme – il y est question de races et en Afrique ! - contre les ethnies peuhl et forestières recueillis sur les forums guinéens nous donnent la chair de poule. Un ou des peuples racistes doivent être condamnés par toute la communauté internationale et, d’abord par les Africains victimaires ! Que cela s’applique d’abord en Afrique !
Puis survint la fête de l’indépendance. Soucieux d’un bon déroulement de la fête et pour un recueillement digne par le peuple, le pouvoir en place avait interdit toute manifestation politique. Malgré tout, les oppositions soutenues – selon un haut fonctionnaire – par l’ambassadeur de France – avaient mobilisé les populations moyennant une somme d’argent pour organiser l’anarchie. Et même si Dadis Camara était un dictateur, ces opposants savaient pertinemment que les manifestations allaient être réprimées. Il est donc incontestable qu’ils avaient livré les populations à la boucherie. D’autre part, étant à la botte de la mère-patrie, la France, comment ces opposants se seraient-ils comportés un certain 14 juillet ? Et quels seraient les conséquences si des manifestants s’aventuraient en ce jour ? Officiellement, la Guinée n’a jamais fait partie de la françafrique, mais par ces collabos, elle aura toujours été au cœur même de ce système. Les masques sont tombés ! Nous pouvons observer sur les sites internet que les manifestants étaient encadrés par, non seulement ces opposants-alliés, mais aussi par des extrémistes religieux. C’est dire que le problème ethnico-religieux est à la base de toute la situation qui prévaut en Guinée depuis cinquante ans. De plus, à l’origine, c’était l’attaque des commissariats avec le vol d’armes à feu et l’évasion de détenus qui avaient provoqué la cohue ; suivie de coups de feu – ordonnés ou pas – des militaires. En réitérant toute notre condamnation sur toutes les violations et les crimes perpétrés en ce jour, il n’est personne à indexer comme responsables autres que les oppositions et leur commanditaire diplomate. Décidément le « plus jamais ça » du Rwanda, s’est répété en République Démocratique du Congo pour les raisons que l’on sait économiques ; et maintenant en Guinée.
Voulons-nous épargner un génocide comme au Rwanda et en RDC ? Et cela s’adresse autant aux Guinéens eux-mêmes, qu’à la communauté internationale, qu’à ceux qui disent « plus jamais ça ! ». Donc, auparavant :
Si, oui, alors rétablissons la vérité, une seule, avant toute élection ou quelconque changement dans le pays, en mettant toutes les ressources humaines, matérielles et financières à disposition pour des audits sur la gestion politique, sécuritaire, économique et sociale passée et présente en Guinée. Une ou plusieurs sociétés de consulting doivent être installées pour identifier toutes les violations, toutes les déprédations, tous les crimes politiques, économiques et sociaux. Cela veut dire que personne ne peut être épargné même à titre posthume. Les Guinéens méritent et doivent connaître leurs bourreaux passés et présents avant de se lancer dans des aventures qui leur coûtent la vie et celles de la postérité. Rien dans tout cela ne peut exonérer le Capitaine Dadis Camara et le CNDD de toute poursuite et de toute condamnation pour un quelconque crime. La justice par la vérité doit prévaloir au vu et au su de toutes et de tous, Guinéens et étrangers ; et que tous les coupables soient condamnés par la justice et donc par et pour le peuple guinéen. Et les journalistes alimentaires ne sont pas en reste !
Si Oui, alors Guinéens et étrangers, soyez cohérents avec vous mêmes et avec les Guinéens ! Mettez tous les moyens pour la poursuite de la lutte contre le narcotrafic et les réseaux criminels organisés, pour la lutte contre le banditisme et la suspension de tout contrat minier. Tant que les criminels ne sont pas identifiés, il n’est plus possible de prétendre à un gouvernement et une armée structurés au service du peuple. Ainsi, par cette opération, le marché aura repris son cours normal et les Guinéens pourront faire face au marché, se nourrir et s’assumer. Car, personne n’est dupe, dans toute l’Afrique Occidentale – comme ailleurs dans le monde du reste -, la libanisation de l’économie et de l’armement a été la source de tous les heurts et malheurs de la région. Avez-vous vu un Libanais avec un balai dans les rues de Conakry, de Kindia ou d’ailleurs pour nettoyer les rues ? Avez-vous vu un Libanais avec une pelle ou pioche ? Qui détient l’économie dans la région : les Libanais ! Qui s’enrichit du trafic d’armes ? les Libanais ! Qui propage l’islamisme terroriste en Afrique ? les Libanais ! Qui sont protégés par la France dans le monde ? les Libanais ! Et par conséquent, qui est derrière toutes ces guerres fratricides, ethnico-religieuses ? les Libanais ! Assurés de la protection de la France, leur mère-patrie. Lorsque les intérêts des Libanais sont remis en cause, il faut s’assurer d’un génocide ou d’une guerre civile, d’une guerre fratricide – comme ce fut le cas dans les pays voisins – dans un futur proche.
Si Oui, alors que la France cesse de s’ingérer dans les affaires africaines (Sénégal, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Cameroun, Centrafrique, Tchad, RDC, Rwanda, etc.) et guinéennes en particulier. Et que tous ceux qui flirtent avec ce pays soient désormais considérés, jugés et condamnés pour haute trahison avec l’étranger. Que la France cesse avec ses ONG de développement qui ne sont autres – comme l’avaient avoué Bernard Kouchner – que des succursales du Quai d’Orsay, des officines de déstabilisation et de manipulation comme nous venons de le constater en Guinée.
Si Oui, alors que l’aide humiliante (humanitaire) et internationale ne soient plus pour la fourniture d’armes, mais pour structurer la fonction publique, pour l’alimentation en eau potable et en électricité, pour la santé et l’éducation, pour une alimentation saine et équilibrée, en d’autres termes : les droits fondamentaux de l’Homme. Ce n’est point la Guinée qui avait rédigé la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, que ceux qui en sont les auteurs se l’appliquent en Guinée comme partout ailleurs dans le monde. Car cette même déclaration ne prévoit pas et ne dicte pas le pillage des peuples de son or, de son diamant, de sa bauxite, de son fer, etc. ou encore de son territoire pour y établir des bases militaires, mais que les peuples disposent pleinement de leur souveraineté, de leurs libertés et droits fondamentaux. Et de souveraineté, que la Guinée recouvre la sienne en se retirant de l’Union Africaine, la plus servile des organisations, et qu’elle ne se conforme qu’aux lois et nécessités domestiques.
Si Oui, alors Guinéennes et Guinéens, toujours dans l’esprit de recueillement pour toutes les victimes anciennes et récentes, reprenez vos esprits libres et la raison, exigez la vérité ou résignez-vous à la réalité : « On a ce qu’on mérite ! ». Sinon, je dirais : « on a ce qu’on est ! ». Si vous acceptez cette manipulation crapuleuse des oppositions illégitimes, alors acceptez ce que vous avez, parce vous êtes ce que vous avez. Entre nous (Africains) soit dit, je n’ai jamais vu un peuple qui se tire une balle dans le pied comme je le vois en Guinée. Ce n’est plus comme au temps de Sekou Touré, malgré tous ses dérapages ou crimes selon les uns et les autres, la Guinée avait produit pour le monde entier des diplomates, des lettrés, des sages et de véritables Africains.
N’zérékoré félix kpoghomou pour radio kankan
Email : kpoghomoufelix@yahoo.fr
62.87.42.21
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