François Lonseny Fall : Le gestionnaire des secrets d?Etat



François Lonseny Fall: Le gestionnaire des secrets d´Etat

C´est certainement sur le tard que le Président de la République aura découvert les talents et qualités de ce diplomate guinéen. Il est vrai que François Lonseny Fall aura occupé de hautes fonctions au ministère des Affaires Etrangères et dans les représentations diplomatiques guinéennes à l´extérieur. 

Mais tout semble porter à croire que c´est à partir de l´an 2000 quand le directeur des Affaires juridiques et consulaires (1996-2000) a été nommé ambassadeur de Guinée aux Nations Unies que le train des rapports confidentiels entre le Chef de l´Etat et François Lonseny Fall a été mis sur les rails. A ce poste de diplomatie stratégique et à un moment où le pays se confrontait aux premiers signes de l´isolement, François Lonseny Fall réalise le miracle ? de faire élire la Guinée parmi les trois pays africains chargés de représenter le continent au sein du Conseil de Sécurité de l´ONU en 2002.

Ce grand succès diplomatique favorisera, la même année, la nomination de François Lounseny Fall au portefeuille des Affaires Etrangères. Un couronnement considéré comme logique et mérité. A ce poste stratégique, le ministre parcourt le monde, rencontre les grands hommes d´Etat, préside, avec brio, les travaux du Conseil de Sécurité à la veille du déclenchement de la guerre de la coalition contre le régime de Saddam Hussein en Irak. Par rapport à toutes ces activités Fall réussi à bloquer ou à retarder l´application de certaines sanctions internationales contre la Guinée. Un haut cadre de l´Union européenne par rapport à l´Accord de Cotonou, témoigne : « le ministre guinéen des Affaires étrangères a donné des explications sur le retard observé par son pays à répondre aux questions de l´UE. Nous prenons acte de cette explication. Il n´est donc pas question pour l´instant d´enclencher l´article 96, mais nous observons ».

 

François Fall et le Général n´ont pas cultivé la même nature de rapport que celui tissé entre ce dernier et Kassory Fofana. Mais entre 2000 et 2004, il n´est pas exagéré de dire que François Lonseny Fall a été l´homme des dossiers et des secrets d´Etat du chef de l´Etat. Ils étaient ensemble en Arabie Saoudite, en 2002, quand des rumeurs ont commencé à circuler sur l´état de santé du Général obligeant ce dernier à annuler l´étape du Japon et rentrer plus tôt que prévu à Conakry. Sur la réalité de ces rumeurs, François en sait quelque chose même s´il refuse d´en parler.

Sa nomination, en février 2004, au poste de Premier ministre, est en elle-même une illustration de ce bref mais profond contact entre les deux hommes. A l´époque, le chef de la diplomatie guinéenne était déjà pressenti par le secrétaire général de l´ONU Koffi Anan pour rentrer dans le dispositif onusien. Mais l´attachement du Chef de l´Etat à son ministre empêchera ou retardera la réalisation de cette sollicitation.

 

Entre le Chef de l´Etat et son ministre, certains parlaient même de relation familiale en soutenant cette affirmation par la présence, à l´époque, chez Fall à New York de proches du Général. Il est ainsi facile de comprendre et d´analyser le choc qu´a produit sur le Général le séisme que représente la démission de Fall. Le fait de ne pas avoir nommé, plus de huit mois après sa démission, un remplaçant à Fall ne s´expliquait pas par un manque d´hommes compétents pour le poste de Premier ministre mais traduisait un grand regret chez le Général de voir partir encore une personnalité qui, en peu de temps, semble avoir été au c?ur des secrets d´état trop confidentiels. Aux Etats-Unis où il avait demandé et obtenu l´asile, François Lonseny Fall s´est longtemps occupé de sa famille à New York où il possède une résidence.

Diplomate international confirmé, François Lonseny Fall a, depuis, intégré le système onusien. Aujourd?hui, il est représentant de l´ONU en Somalie avec résidence à Nairobi (Kenya). Sur le terrain, il tente de réconcilier les différentes factions armées qui se disputent le contrôle d´un pays déchiré en lambeaux par une guerre civile radicalisée après la chute du régime du Président Siad Barré.

SourCe: Nouvelle trib

François Fall représentant spécial de Kofi Annan pour la Somalie

«Il ne serait pas étonnant que le Conseil de sécurité se réunisse très rapidement et ordonne un cessez-le-feu.»

Depuis six jours de violents combats opposent en Somalie, à Mogadiscio, les forces des Tribunaux islamistes et celles de l'Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT). Ces combats aurait déjà fait près de 130 morts. Depuis la chute du président Siad Barré en 1991 la Somalie est livrée aux chefs de guerre. La guerre a fait entre 300 000 et 500 000 morts en quinze ans, mais depuis plusieurs années, l'espoir commençait à renaître avec la mise en place d'un gouvernement de transition. François Fall, représentant spécial de Kofi Annan pour la Somalie fait le point avec Olivier Rogez du service Afrique de RFI.